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Hulot : « Une grande réforme fiscale pour l’écologie »

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Nicolas Hulot a présenté ses propositions en matière de fiscalité écologique et son souhait de développer les bonus/malus.

Jean-Jacques Bourdin : Vous dites qu'il y a une voie de la raison, c'est la fiscalité écologique entre autre ?

Nicolas Hulot : C'est un outil. La grande majorité de nos prélèvements obligatoires, c'est une fiscalité qui repose sur le travail et les conséquences c'est que l'on économise le travail alors que ce sont l'énergie et l'environnement qu'il faut économiser. Ca paraîtrait normal qu'on envisage une grande réforme fiscale pour déplacer la fiscalité du travail sur la fiscalité énergétique et environnementale.

Jean-Jacques Bourdin : C'est-à-dire ?

Nicolas Hulot : Plutôt que de taxer le travail, déplacer la fiscalité pour faire en sorte que ça nous induise à économiser les énergies et l'environnement. Quand je vous disais qu'il fallait trier dans les possibles, c'est qu'il y a des filières qu'il va falloir tarir et d'autres qu'il va falloir encourager. Je suis pour la fiscalité incitative et dissuasive. Il faut tarir les filières et il faut faire jaillir une nouvelle offre pour que les industriels aient envie d'être dans la catégorie incitative et déploient tous leurs investissements pour trouver de nouvelles techniques. Il faut donner du choix à la société, pas nous enfermer dans une impasse. Le bonus/ malus par exemple, le seul intérêt c'est que curieusement tous les industriels automobiles vont maintenant venir dans la catégorie bonus. Donc il faut aller évidemment beaucoup plus loin.

Jean-Jacques Bourdin : Il faut annualiser ce bonus/ malus ?

Nicolas Hulot : Je suis pour l'annualiser mais ce qu'il faut c'est étendre ça à beaucoup de biens de consommation et de services, y compris les transports aériens par exemple. Il faut réorienter nos choix. Pour accompagner la période de transition pendant laquelle les matières premières augmentent, il faut faire en sorte que très rapidement, on nous propose des biens de consommation qui consomment moins, donc on va compenser par la baisse du volume l'augmentation du prix d'achat. Pour ça encore une fois, il faut que l'industrie nous propose des biens de consommation et il faut leur donner des signaux, il faut qu'ils aient une lisibilité. Si vous avez une fiscalité incitative et dissuasive, les industriels sauront faire, mais il faut aller beaucoup plus loin que le bonus / malus. Il faut se fixer des normes, il faudrait qu'au niveau européen on ait une TVA à 5,5 sur l'ensemble des biens de consommation de ces services qui ont un faible impact environnemental et énergétique, et une TVA dissuasive, qui tarisse progressivement les filières qui ne sont plus compatible avec la réalité énergétique.

La rédaction-Bourdin & Co