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Hollande veut proposer une formation à un chômeur sur deux dans un délai de deux mois

« Il faut proposer une formation à un chômeur sur deux »,  explique François Hollande.

« Il faut proposer une formation à un chômeur sur deux », explique François Hollande. - -

Lundi en déplacement à Blois, dans le Loir–et-Cher, François Hollande a déclaré vouloir offrir une formation à un chômeur sur deux dans les deux mois après la perte de son emploi contre seulement un sur quatre actuellement. Réactions.

La lutte contre le chômage passe aussi par la formation. Pour François Hollande qui entend inverser la courbe du chômage d’ici la fin de l’année, « il faut proposer une formation à un chômeur sur deux dans un délais de deux mois ». C’est ce qu’a expliqué le Président de la République en déplacement à Blois lundi pour signer les premiers contrats de génération dans un centre de formation d'apprentis (CFA). Le projet de loi sur la réforme de la formation professionnelle serait « prêt » d'ici à la fin de l'année. Quelque 32 milliards d'euros lui sont consacrés chaque année. De son côté, le ministre délégué à la Formation professionnelle et à l'Apprentissage a annoncé ce mardi sur RMC « des quotas obligatoires de jeunes en alternance » dans les entreprises, une mesure qui concernera « y compris les collectivités locales ».

Seul ¼ des chômeurs se voit proposer une formation

Selon le Président seul un quart des chômeurs se voient proposer une formation aujourd'hui. Un quart aussi pouvant passer « quinze mois à Pôle d'emploi sans se voir offrir une formation ». « Il faut rapprocher les 300 000 offres d'emplois qui ne trouvent pas preneurs de candidats compétents. Il nous faut régler une fois pour toutes cette adéquation », a-t-il encore souligné. « On va doubler les moyens pour que très rapidement une formation soit proposée », a-t-il ainsi promis. Finalement ce ne serait non pas six mois d’attente avant d’obtenir une formation mais seulement deux. Autre point important, les chômeurs ne seront pas obligés de suivre une formation qui actuellement est souvent proposée en dernier recours quand les chômeurs ne retrouvent pas d’emploi.

Les cadres et les moins de 40 ans mieux lotis que les autres

Paradoxe de la formation professionnelle, elle bénéficie en premier lieu aux cadres, aux salariés de moins de 40 ans et à ceux qui ont une bonne formation initiale, bref à ceux qui en ont peut-être le moins besoin. La réforme de la formation des chômeurs vient compléter le dispositif du gouvernement qui a déjà mis en place les emplois d'avenir, les contrats aidés les contrats de génération. Et pour être plus efficace encore François Hollande veut faire le ménage dans les 15 000 organismes de formation recensés, un certain nombre devraient être supprimés. Les régions qui affichent une bonne expertise, seront également mises à contribution. L’Ile-de-France par exemple, consacre chaque année 900 millions d’euros à la formation de quelques 100 000 personnes.

« Un changement de pratique qui ne coûte rien »

Pour Jean-Patrick Gille, député PS d'Indre-et-Loire, président d'un CFA (centre de formation d'apprentis), ce changement de pratique peut être plus efficace que le système actuel. « Je pense que remplir cet objectif, il y a 5 millions de chômeurs, on n’est pas prêt de l’atteindre. Mais on était dans une fiction qui disait : "l’essentiel c’est l’emploi et puis si vraiment on ne s’en sort pas, on met les gens en formation". Là, le président de la République dit : "parfois, il ne faut pas raisonner comme ça. Quelqu’un qui a envie et qui veut se former à un métier, vous n’attendez pas six mois et vous le mettez en formation tout de suite". C’est un changement de pratique mais qui au départ ne coûte rien ».

Tugdual de Dieuleveult avec C.Bordet