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GRAND ANGLE - Enquête sur les nouveaux identitaires

En avril dernier, ils ont fait parler d’eux en "bloquant" le passage des migrants sur le col de l’Echelle, dans les Alpes. A Lyon, où ils tiennent un bar et une salle de sports, ils ont pignon sur rue. BFMTV a enquêté sur Génération identitaire, un groupuscule d’extrême droite qui a fait des actions médiatiques anti-migrants sa marque de fabrique.

Le mouvement Génération identitaire existe depuis 2012 et est issu du Bloc identitaire, dont il se définit au départ comme la section jeunesse. Habitué des actions médiatiques visant en particulier les migrants, le groupuscule radical d'extrême droite a fait parler de lui ces dernières semaines en organisant un raout dans les Alpes françaises le 21 avril, pour "bloquer" le passage des migrants sur le col de l'Echelle.

Un blocage que les militants français, aidés par des activistes étrangers, ont fini par lever sans être inquiétés par la justice. Cette manifestation a cependant conduit la Chancellerie à rappeler que des opérations de ce type étaient contraires à la loi.

Ces opérations ont été saluées par le Front national, récemment rebaptisé Rassemblement national, dont la section jeunesse a elle aussi annoncé qu'elle allait changer de nom: comme l'a annoncé son directeur Jordan Bardella, le FNJ (Front national de la jeunesse) se nomme désormais Génération nation.

Un bar privé pour QG

Implanté dans toute la France, Génération identitaire a pignon sur rue, comme le révèle l'enquête de Grand Angle qui sera diffusée ce mercredi soir sur notre antenne. Dans le quartier historique du Vieux Lyon, les militants se retrouvent dans un bar privé pour préparer leurs actions. Dans ce local, La Traboule, ouvert en 2010, une Vierge Marie côtoie une Jeanne d'Arc avec une kalachnikov. Non loin de là, une salle de sport a aussi été ouverte par les activistes, qui s'y retrouvent pour des séances d'"entraînement".

"Il y a des sports qui sont un peu plus utiles que d’autres. Aujourd’hui face aux agressions, avoir quelques notions de boxe et de défense, c’est une chose qui peut être assez utile", explique sur BFMTV Romain Espino, le porte-parole de Génération identitaire.
"Aujourd’hui, nos militants sont des militants d’horizons divers, ce qu’on défend c’est le petit blanc, celui qui, quand il prend les transports en commun, est embêté par la racaille quand il prend le métro, le bus", développe le jeune homme. 

Menaces et intimidations

Dans le quartier historique de la ville, la présence des identitaires dérange. Philippe Carry, un horloger dont la boutique est installée tout près de La Traboule, a déposé plainte cinq fois. A BFMTV, il décrit "des menaces, beaucoup d'intimidations". Un soir, sa vitrine a été fracassée.

"C’était en pleine nuit à 3 heures du matin, un groupe en bande est venu a d’abord essayé de rentrer chez moi, n’y ai est pas arrivé, donc s’en est pris à la vitrine, il y avait des impacts partout", explique l'homme au chapeau qui incarne aujourd'hui l'opposition à Génération identitaire dans le quartier. 

"Une menace physique pour la population"

Il bénéficie du soutien du collectif de vigilance contre l'extrême droite, auquel appartient Benoît Roux, et qui recense les actes violents liés à cette mouvance. Le collectif a notamment réalisé une carte du Vieux Lyon, où prolifèrent les groupes radicaux.

"Il y a quelques années il y avait un local des Identitaires, maintenant il y a quatre locaux différents, dits culturels, commerciaux ou autres, qui sont une vraie menace physique pour la population locale, notamment quand on est militant de gauche, qu’on est d’origine maghrébine ou juive", dénonce le militant communiste. 

De son côté, Génération identitaire dément être à l'origine de violences. Après leur action dans les Alpes, plusieurs responsables et partis politiques, dont La France insoumise et le mouvement de Générations, ont appelé à la dissolution du groupe. 
C.V.