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Tribune pro-Macron: Gabriel Attal salue ces nouveaux soutiens mais garde ses distances

Le secrétaire d'État, invité de BFMTV et RMC ce lundi matin, se veut très clair: un soutien ne vaut pas investiture pour la République en marche après la publication d'une tribune signée ce week-end par 72 maires de droite et du centre en faveur du chef de l'État.

Si ces soutiens sont bons à prendre, ils sont aussi potentiellement embarrassants. 72 élus de droite et du centre ont annoncé, ce week-end, soutenir Emmanuel Macron dans une tribune dévoilée dès samedi soir par le Journal du dimanche. Avec un objectif clair: souhaiter "la réussite impérative de la France". Un bon signal pour la République en marche, dont le maillage d'élus locaux fait pour l'heure défaut à quelques mois des élections municipales de 2020. Mais le gouvernement, déjà accusé de pencher trop à droite, doit-il nécessairement s'en réjouir? Invité de BFMTV et RMC ce lundi matin, Gabriel Attal souhaite dans un premier temps couper court à l'éternelle rumeur pesant sur son chef de file: "Non, Emmanuel Macron n'est pas de droite", assure-t-il.

"Emmanuel Macron vient de la gauche, et il porte un projet pour le pays qui rassemble des personnes qui viennent de la gauche, de la droite, du centre et de la société civile qui n'avaient pas eu d'engagement politique, et ça se retrouve au sein de la majorité aujourd'hui."

Quant aux nouveaux ralliements annoncés ce week-end, le secrétaire d'État auprès du ministre de l'Éducation nationale et de la Jeunesse se montre pour le moins prudent et tient à garder une certaine distance:

"Ceux qui choisissent l'étiquette 'En marche' pour les élections municipales, c'est 'En marche'", insiste notre invité. "Il y a eu un certain nombres de tribunes qui ont été faites, encore récemment ce week-end, avec des élus locaux majoritairement de droite qui ont signé, c'est très bien" salue notre invité. Avant de se montrer très clair: "Ce soutien ne vaut pas investiture de la République en marche."

Priorité aux "marcheurs" locaux

Pour le plus jeune ministre de l'histoire de la Ve République, son parti devra avant tout se référer et à ses militants et sections locales avant de décider quoique ce soit.

"On a un comité de pilotage politique dans chaque département, on a des marcheurs qui travaillent dans chaque ville, qui réfléchissent à un projet, qui, souvent, ont enquêté auprès des administrés, leurs ont posé des questions sur ce qu'ils voulaient pour la ville, et c'est eux, c'est nous, qui allons déterminer si, oui ou non, nous allons porter des listes dans ces villes."

Mais face aux maires déjà bien installés, qu'ils soient Macron-compatibles ou non, Gabriel Attal a déjà une liste d'éléments à étudier qui pèseront sur la décision de présenter, ou pas, un candidat LaREM. Ils s'attarderont ainsi sur "la gestion de la ville, des critères d'éthique et de moralité politiques, la présence ou non du Front national", détaille le jeune élu. "Tout ça va aiguiller nos choix dans les prochains mois."

Jérémy Maccaud