BFMTV

Syrie: Valls regrette les propos de Kerry sur des négociations avec Assad

Manuel Valls, le 13 février 2015.

Manuel Valls, le 13 février 2015. - Charly Triballeau - AFP

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a affirmé dimanche que Washington devrait négocier avec Bachar al-Assad pour mettre fin au conflit qui a fait plus de 215.000 morts et vient d'entrer dans sa cinquième année.

En désaccord sur la position à adopter face à Bachar al-Assad. Manuel Valls a dit regretter lundi les propos du chef de la diplomatie américaine John Kerry admettant que Washington devrait "négocier" avec le président syrien pour mettre fin à la guerre en Syrie.

Interrogé lors de l'émission Le Grand Journal sur Canal+ sur le fait de savoir s'il regrettait cette position, le Premier ministre a répondu: "oui, bien sûr". "Il n'y aura pas de solution tant qu'il y aura Bachar al-Assad à la tête de la Syrie", a déclaré le chef du gouvernement français. 

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a affirmé dimanche que Washington devrait négocier avec Bachar al-Assad pour mettre fin au conflit qui a fait plus de 215.000 morts et vient d'entrer dans sa cinquième année. "Au final, il faudra négocier. Nous avons toujours été pour les négociations dans le cadre du processus (de paix) de Genève I", a déclaré John Kerry dans une interview diffusée sur la chaîne de télévision CBS.

Une porte-parole du département d'Etat a toutefois précisé qu'il n'y avait eu aucune modification de la position américaine et qu'il "n'y a pas d'avenir pour un dictateur brutal comme Assad en Syrie".

Manuel Valls a affirmé lundi soir que John Kerry savait "parfaitement" qu'il n'y aurait pas de solution pour la Syrie "tant que Bachar al-Assad restera". La France "a toujours dit qu'il fallait une solution politique, toujours", a souligné le Premier ministre français.

"Responsable de dizaines de milliers de morts"

Mais pas avec al-Assad ? "Non. Et je vous le répète ici. Bachar al-Assad est le responsable de dizaines de milliers de morts, de personnes qui ont été gazées", a fait valoir Manuel Valls.

"Il doit y avoir, il peut y avoir une discussion, il faut écouter l'opposition syrienne aussi, il faut l'aider, mais il n'y aura pas de solution tant qu'il y aura Bachar al-Assad à la tête de la Syrie", a-t-il insisté.

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, avait déjà affirmé lundi que négocier avec le président syrien Bachar al-Assad, comme l'a envisagé son homologue américain John Kerry, reviendrait à "faire un cadeau absolument scandaleux" au groupe Etat islamique.

Laurent Fabius a indiqué qu'il s'était entretenu lundi matin avec John Kerry, et que celui-ci "a assuré qu'il n'y avait absolument rien de nouveau dans la position américaine sur la Syrie".

La question de la position de la France face à Bachar al-Assad suscite en tout cas le débat. Fin février, quatre parlementaires français avaient fait polémique en se rendant en Syrie et en rencontrant le président syrien. Certains à droite, comme Rachida Dati ou Claude Guéant, avaient estimé que leur voyage avait au moins eu le mérite de lever un tabou à ce sujet.

V.R. avec AFP