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Remaniement: un gouvernement sans les écologistes

Cécile Duflot et Pascal Canfin

Cécile Duflot et Pascal Canfin - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Manuel Valls a proposé à EELV un grand ministère de l'Écologie incluant l'Énergie, le Logement et les Transports. Mais le bureau exécutif d'EELV a tranché mardi soir: les Verts ne participeront pas au gouvernement de Manuel Valls.

Europe Ecologie-Les Verts a tranché. Au tout nouveau Premier ministre Manuel Valls qui leur proposait mardi matin un grand ministère de l'Écologie incluant l'Énergie, le Logement et les Transports, les Verts ont répondu par une fin de non-recevoir mardi soir, annonçant qu'ils refusaient de participer à ce nouveau gouvernement.

Selon nos informations, en échange de son offre de super-ministère, Manuel Valls aurait demandé aux écologistes une discipline absolue. Des conditions qui n'ont pas convaincu les Verts.

EELV oppose un non catégorique

Le bureau exécutif d'EELV, qui s'est réuni ce mardi, en a décidé autrement, en votant contre la participation de ses membres au gouvernement Valls. Une décision prise - à 7 voix contre 3 et 5 abstentions - contre l'avis d'une majorité de parlementaires écologistes, selon une source citée par l'AFP. En outre, les récalcitrants pourraient se voir exclus du parti.

"Malgré les propositions faites par Manuel Valls, les conditions en l'état ne sont pas réunies pour qu'Europe Ecologie-Les Verts participe au gouvernement. Nous serons des partenaires vigilants et présents pour que [la] transition [énergétique] s'incarne dans des mesures d'ampleur", a déclaré Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale d'EELV, dans un communiqué cosigné avec le bureau exécutif.

"Les écologistes soutiendront sans faille le gouvernement à chaque fois qu'il s'engagera sur le chemin du progrès et de l'écologie, mais s'opposeront aux renoncements et quand l'écologie ne sera pas au rendez-vous", précise le communiqué, catastrophant certains dans ses rangs.

Divergences chez les écolos

"Je suis abasourdi par l'immaturité de mon propre parti" a ainsi déclaré à l'AFP François-Michel Lambert. "Cela fait 22 ans que je suis en politique avec l'espoir de changer la politique environnementale de ce pays et le jour où on nous propose un ministère de l'Environnement élargi avec l'Energie et la possibilité de conduire la transition énergétique, notre parti dit 'non'", a-t-il déploré.

Même déception chez François de Rugy, co-président du groupe EELV à l'Assemblée, pour qui les dirigeants d'EELV, avec ce "non" à Valls, "ont pris la responsabilité de diviser les écologistes", a-t-il regretté mardi soir sur BFMTV. François de Rugy faisait partie de la délégation reçue mardi matin par Manuel Valls, et qui aurait été plutôt intéressée par l'offre du Premier ministre.

Face à ces divergences ouvertes au sein de EELV, François de Rugy renvoie vers les militants. "Ils doivent s'exprimer très rapidement" sur une participation des écologistes au gouvernement, a-t-il estimé sur BFMTV, ouvrant. De son côté, l'ancienne ministre de l'Environnement et présidente du mouvement Cap 21, Corinne Lepage, a fustigé "la partie gauchiste d'EELV" tout en se disant, elle, intéressée sur le principe par une participation des écologistes au gouvernement sur le principe de la feuille de route de François Hollande. "Je sais que mon nom circule", a affirmé Corinne Lepage. Si la mission est ce qu'a annoncé François Hollande, "c'est quelque chose qui m'intéresse", a-t-elle assuré. Le message est passé.

S.A. et S. C.