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Cybersurveillance: les ministres privés de smartphones

Dans une circulaire adressée aux ministres, le cabinet de Jean-Marc Ayrault appelle à la prudence concernant les risques d'espionnage électronique

Dans une circulaire adressée aux ministres, le cabinet de Jean-Marc Ayrault appelle à la prudence concernant les risques d'espionnage électronique - -

Dans une note que s'est procurée l'Express, Matignon a demandé à ses ministres de ne plus utiliser leurs smartphones pour les communications "sensibles".

Les révélations au mois de juin d'Edward Snowden selon lesquelles les Etats-Unis ont mis sous surveillance l'Europe ne sont pas tombées dans l'oreille d'un sourd. Dans une lettre que L'Express s'est procurée, le directeur de cabinet de Jean-Marc Ayrault, Christophe Chantepy, a demandé à tous les ministres de ne plus utiliser leurs smartphones personnels dès lors qu'il s'agit d'une communication sensible. En cause, des risques d'espionnage électronique. Tour d'horizon du petit manuel à l'usage d'un ministre prudent.

Utilisation d'un téléphone crypté

La circulaire de Matignon datée du 19 août rappelle ainsi que "la transmission d'informations classifiées n'est autorisée qu'à l'aide de moyens dédiés".

A savoir l'utilisation pour les communications de l'appareil Teorem (Téléphone Cryptographique pour Réseau Etatique et Militaire). En ce qui concerne "la bureautique", le cabinet du Premier ministre recommande l'intranet Isis pour échanger des documents.

"Dans leur majorité, les informations manipulées ou échangées au sein de l'administration par les autorités et les cabinets ministériels sont sensibles, sans être classifiées. Ces informations, dont la divulgation pourrait nuire aux personnes ou à la Nation doivent faire l'objet d'une protection renforcée", peut-on lire sur la note.

Le SMS "proscrit"

S'ensuivent un certain nombre de règles de vigilance, en rapport avec les mots de passe ou encore les messages électroniques avec pièce-jointe. Ainsi Matignon conseille plutôt l'utilisation d'un téléphone fixe plutôt que d'un mobile, tandis que le SMS est carrément "à proscrire".

En déplacement à l'étranger, il convient de ne pas laisser traîner ses affaires: "ne jamais laisser sans surveillance des documents sensibles, des ordinateurs et des téléphones portables", est-il encore précisé.

Des recommandations qui ne datent pas d'hier aux Etats-Unis. Lors de son élection en 2008, pour des raisons de sécurité, Barack Obama avait dû se séparer à contre coeur de son Blackberry...

M.G.