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Après le report, quel calendrier pour le projet de loi El Khomri?

Porté par la ministre Myriam El Khomri, le projet de loi sur la réforme du droit du travail sera présenté le jeudi 24 mars en conseil des ministres.

Porté par la ministre Myriam El Khomri, le projet de loi sur la réforme du droit du travail sera présenté le jeudi 24 mars en conseil des ministres. - Kenzo Tribouillard - AFP

Le projet de loi sur la réforme du droit du travail, dont Manuel Valls a annoncé lundi matin le report, doit désormais être présenté le jeudi 24 mars en conseil des ministres, deux semaines après la date initialement prévue.

Sentant monter la grogne autour du projet de projet de loi sur le Travail, l'exécutif a décidé de temporiser. Lundi, le Premier ministre Manuel Valls a annoncé lundi le report d'une "quinzaine de jours" de sa présentation en conseil des ministres, alors qu'il se trouvait dans les allées du Salon de l'agriculture. 

Fortement contesté à gauche et par les syndicats, le texte porté par la ministre du Travail Myriam El Khomri sera finalement présenté le jeudi 24 mars - en raison d'un déplacement du Premier ministre à Bruxelles le 23 mars, le conseil des ministres aura exceptionnellement lieu cette semaine-là un jeudi et non le mercredi - a précisé une source gouvernementale à l'AFP. Et non plus le 9 mars, date initialement prévue.

"Pas grand-chose" de changé par rapport au plan initial

Le chef du gouvernement a toutefois assuré que ce report ne modifierait pas substantiellement la suite du calendrier:

"Il faut lever un certain nombre d'incompréhensions, il faut expliquer, répondre à toute une série de fausses informations qui sont données sur ce texte", a déclaré Manuel Valls depuis le Salon de l'Agriculture, dont il arpentait les allées lundi matin. 
"Donc, nous allons nous donner quelques jours supplémentaires avant le passage en conseil des ministres, une quinzaine de jours sans doute, ce qui ne change pas grand-chose par rapport au calendrier parlementaire initial qui était prévu", a-t-il poursuivi, sans donner plus de détails sur le nouvel emploi du temps envisagé, mais niant tout recul: "Le recul, ce serait abandonner le texte".

Le Premier ministre, qui avait pourtant affirmé mardi dernier sur RTL ne pas douter "un seul instant" de l'adoption de ce texte en conseil des ministres à la date prévue du 9 mars, a par ailleurs indiqué qu'il consulterait séparément l'ensemble des partenaires sociaux, syndicats et organisations patronales.

L'exécutif tablait sur une adoption "avant la fin juin"

Interrogé un peu plus tard lundi en marge d'une réunion à Bruxelles, le ministre de l'Economie Emmanuel Macron a estimé que le Premier ministre voulait "se réserver la possibilité de changer si besoin était" le projet de loi. Expliquant que lui-même ne souhaitait pas forcément de changements, le locataire de Bercy a préféré parler de possibles "enrichissements" du texte.

Mi-février, devant son nouveau gouvernement, Manuel Valls avait dévoilé le calendrier parlementaire du projet El Khomri: le texte "sera examiné en première lecture à l’Assemblée début avril et au Sénat en mai et devra être adopté avant la fin juin", avait indiqué le Premier ministre lors de la réunion bimensuelle des ministres et secrétaires d'Etat à Matignon.

La gauche de la gauche continue de demander le "retrait"

Sur le front syndical, ce report avait été instamment demandé dimanche par le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger. Fait inédit depuis 2013, une intersyndicale d'une dizaine d'organisations -CFDT, CFE-CGC, CGT, FSU, Solidaires-Sud, Unsa, Unef (étudiants), UNL et Fidl (syndicats lycéens) - s'était réunie mardi pour dénoncer "un projet élaboré sans réelle concertation".

Une pétition en ligne contre ce projet de loi, lancée par la militante féministe Caroline de Haas, avait recueilli lundi matin plus de 775.000 signatures.

Sur le front politique, lundi, le cofondateur du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon et le Parti communiste continuaient de demander le "retrait" du projet de loi sur le Travail, tandis que certains frondeurs socialistes réclament le retrait de certaines dispositions ou "une réécriture en profondeur".

V.R. avec AFP