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Gilets jaunes: Besancenot ironise sur l'appel au "calme" de Macron, "un modèle de lâcheté"

Olivier Bensancenot invité de BFMTV ce vendredi matin

Olivier Bensancenot invité de BFMTV ce vendredi matin - BFMTV

Invité ce vendredi matin de BFMTV et RMC, l'ancien porte-parole du NPA appelle à être de plus en plus nombreux dans les rues, partout en France, ce samedi pour "l'acte 4" des gilets jaunes.

"Il y aura de l'agitation et du bruit dans tout le pays, et c'est légitime." Invité de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV et RMC ce vendredi matin, l'ancien porte-parole du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) ne fait pas de mystère quant à son intention de manifester, ce samedi, au cours d'une nouvelle journée jugée à haut risque partout en France pour "l'acte 4" des gilets jaunes:

"Oui j'irai manifester, sans gilet jaune, car en tant que militant politique j'aurais peur de faire dans la récupération", déclare-t-il sur notre plateau.

"Au-delà de la couleur du gilet, ça déborde du cadre des gilets jaunes, C'est la saison 2 du mouvement qui est en train de débuter, il y a des lycéens, des étudiants, il y aura des cheminots, des cheminotes, il y aura des salariés du privé c'est à dire que là on a une fronde sociale généralisée contre la vie chère, contre la 'profitation' comme disaient les Antillais en 2009, qui est en train de voir le jour."

Face aux nombreux appels à la violence sur les réseaux sociaux qui entourent la mobilisation de ce samedi, l'ex-candidat à la présidentielle appelle "calmement, clairement, et sans ambiguïté" à ce qu'il y ait "un maximum de personnes dans les rues de tout le pays".

"C'est le nombre qui nous protégera du degré de tension que crée et suscite actuellement le gouvernement".

"Edouard Philippe va servir de fusible"

Après les scènes de chaos qui ont émaillé les manifestations de samedi dernier partout en France, et en particulier dans plusieurs quartiers de la capitale, le président de la République a appelé "au calme". Un mot d'ordre auquel ne compte pas répondre Olivier Besancenot:

"Je ne répondrai pas aux injonctions d'Emmanuel Macron, d'abord parce que ce n'est pas trop mon genre, et parce qu'on savait que c'était un modèle d'arrogance de classe, on sait aujourd'hui que c'est un modèle de lâcheté, lui qui se retranche derrière son conseil de ministres, lui qui se retranche maintenant derrière Edouard Philippe qui va servir de fusible, lui qui se retranche derrière les forces de l'ordre, il s'est bunkérisé à l'Élysée, et il demande maintenant aux autres partis, aux autres formations politiques d'éteindre un incendie qu'il a lui-même créé."

"La mobilisation va continuer"

Pour éviter des débordements dramatiques, Olivier Besancenot invite "autant que faire se peut" les manifestants à garder "le sens de la gravité, notre sang-froid, la sérénité nécessaire, mais aussi notre détermination". Pour cette raison, il ne voit pas comment les événements de ce week-end pourraient se dérouler "dans le calme":

"Il y aura de l'agitation et du bruit dans tout le pays demain, partout, et c'est logique et nécessaire" prévoit l'ancien candidat aux présidentielles de 2002 et 2007. Avant de conclure, en égratignant une nouvelle fois Emmanuel Macron au passage:

"En fait, hypocritement, il appelle à la fin de la mobilisation. Sauf que la mobilisation va continuer, d'une manière ou d'une autre."
Jérémy Maccaud