BFMTV

Permanences d'élus vandalisées: "c'est pas Verdun non plus", minimise le député RN Sébastien Chenu

Interrogé sur BFMTV au sujet de l'hostilité croissante de certains Français à l'égard des députés LaREM, le porte-parole du RN estime que le climat "tendu" que connaît le pays découle de sa gestion par Emmanuel Macron.

Pour le Rassemblement national, les dégradations de permanences d'élus macronistes sont un sujet "très sérieux". Mais... Ce jeudi sur notre antenne, le porte-parole du RN Sébastien Chenu a tenu à rappeler que "la violence dans le monde politique" ne datait pas "d'aujourd'hui". Quitte à minimiser les pressions dont ont récemment fait l'objet des députés La République en marche ayant voté en faveur du CETA

Pour illustrer le fait que la violence était devenue "inhérente" à la vie politique, l'élu du Nord a évoqué le cas de sa prédécesseur socialiste, Anne-Lise Dufour-Torini. Cette dernière avait vu, en mai 2016, sa permanence de Denain vandalisée à la suite de la décision de Manuel Valls de faire passer la loi El Khomri par le biais de l'article 49-3 de la Constitution: 

"Une loi très anti-sociale, elle avait accepté - elle était députée socialiste - de la laisser passer, elle s'était fait murer. Donc ça veut dire que cette violence, elle n'est pas nouvelle. Il ne faut pas que les députés En Marche puissent nous faire croire qu'ils (en) sont les premiers victimes." 

"Il y a un peu d'indécence dans tout cela"

Et Sébastien Chenu de comparer la situation de ses collègues LaREM à celle du parti de Marine Le Pen. "Presque toutes les permanences du Rassemblement national (...) ont été attaquées, saccagées, taguées depuis des années. Nos meetings sont attaqués. Qui le dit?", s'est-il demandé après avoir dénoncé les "condamnations à géométrie variable". 

Reconnaissant que les parlementaires macronistes ont vu leurs affiches déchirées et leurs permanences couvertes de graffitis, Sébastien Chenu a tout de même tenu à minimiser la portée de ces actes:

"C'est pas Verdun non plus. (...) Il y a un peu d'indécence dans tout cela."

"Ce n'est pas lié au hasard"

Pour le porte-parole du RN, ces actes de vandalisme sont largement dus au climat "tendu" dont le pays est imprégné.

"Ce n'est pas lié au hasard. (...) Je crois que les Français s'attendaient probablement à une autre façon de gouverner le pays", a-t-il affirmé, pointant du doigt les promesses faites par Emmanuel Macron lorsqu'il était candidat à la présidence de la République.

"Emmanuel Macron a mis les Français dans la rue, les uns contre les autres, de par ses politiques", a estimé Sébastien Chenu, évoquant pêle-mêle la crise des gilets jaunes, les affrontements du 1er mai 2018 ou la ratification du CETA.

"Avec Emmanuel Macron, le chaos (...) est constant depuis deux ans", a asséné le député du Nord.
Jules Pecnard