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Les nouveaux visages du Front national en banlieue parisienne

Guy Deballe, Marine Le Pen et Jordan Bardella en janvier 2016 (photo d'illustration)

Guy Deballe, Marine Le Pen et Jordan Bardella en janvier 2016 (photo d'illustration) - ERIC FEFERBERG / AFP

Pour s'implanter en banlieue parisienne, le Front national a choisi des militants jeunes et d'origine étrangère. Qu'ils exercent des postes d'élus locaux ou de militants, ils représentent les "Banlieues patriotes" du parti.

Ils donnent une image jeune, cosmopolite et militante du Front national. En banlieue parisienne, le parti frontiste semble avoir choisi ses représentants selon ces critères. Sa figure de proue: Jordan Bardella, conseiller régional d'Ile-de-France à seulement 21 ans.

Jordan Bardella, l'étudiant conseiller régional

Avant son élection, il était déjà secrétaire départemental du Front national en Seine-Saint-Denis. Contacté, il se présente d'ailleurs comme le "plus jeune secrétaire départemental, dans le plus jeune département français". Jordan Bardella enchaîne les postes, il est aussi président du collectif "Banlieues patriotes", l'un des dix groupes de réflexion rattaché au Rassemblement bleu marine. D'origine italienne et ayant grandi à Drancy, Jordan Bardella n'est pas là par hasard.

"Je suis adhérent depuis mes 16 ans, puis vous commencez à faire du terrain, à vous investir un peu... Les jeunes ont rapidement des responsabilités au FN", reconnait l'élu.

Placer des jeunes là où on s'y attend le moins, c'est le propre du parti frontiste. En témoigne la présence au Sénat de David Rachline, âgé de 28 ans.

Guy Deballe, transfuge du PS

Plus âgé, Guy Deballe est le secrétaire général du collectif banlieues patriotes et à la tête du parti dans le 11ème arrondissement. Il est aussi un transfuge du Parti socialiste, où il a milité pendant dix ans avant de rejoindre le FN.

"J'ai fait le constat que le PS n'a jamais défendu l'intérêt des plus faibles, l'UMPS est une réalité concrète qui se traduit par des politiques qui vont dans le même sens", nous explique-t-il.

Au Front national, l'ancien militant socialiste d'origine centrafricaine, voudrait "aider à déconstruire le discours qui renvoie systématiquement un Français de couleur noire, ou d’origine maghrébine, au vote PS et UMP".

"Cette réalité n’est plus automatique", selon lui. Guy Deballe entend "construire des passerelles" entre les électeurs "qui veulent se sentir français mais qui ressentent une certaine brutalité au sein du discours du FN".

Kelly Betesh, un visage pour la banlieue version FN

Qu'elle porte un niqab, un bonnet rouge ou une robe tricolore, Kelly Betesh est le visage de la banlieue et de "notre identité" pour le FN. Sur des affiches, ces photos illustrent le slogan "Préservons notre identité" ou "Choisissez votre banlieue!".

Kelly Betesh est étudiante en médecine et militante à Paris.

Le FN "cohérent" avec les idées de Yasmine Benzelmat

Elle a pris sa carte au Front national en 2011, dont le programme était "cohérent" avec ce qu'elle attendait d'un parti politique. Trois ans plus tard, Yasmine Benzelmat se présentait sur la liste FN de Vélizy pour les municipales. Aujourd'hui conseillère régionale, l'élue est convaincue par les idées du parti sur "l'Etat stratège, qui intervient quand il le faut pour protéger les intérêts nationaux", ou encore sur la nécessité de maintenir "une éducation de qualité".

Après avoir grandi en banlieue toulousaine et vécu en banlieue parisienne, elle estime que le discours du parti frontiste "est encore plus vrai pour la banlieue". Yamisne Benzelmat évoque les "problèmes de sécurité, de délinquance", tout comme ceux "d'accès aux soins". 

Avec ses origines espagnoles et marocaines, ses proches ont été "assez surpris" après son engagement au Front national. En 2015, elle assurait à notre antenne "le Front national n'est pas un parti islamophobe".

La conseillère régionale adhère aussi au discours du parti frontiste sur les migrants. Si elle ne remet pas en cause le droit d'asile, contrairement à Marine Le Pen, Yasmine Benzelmat évoque les "contraintes de sécurité, d'intégration" soulevées par l'accueil des migrants. Pour elle, il est nécessaire de "garder son héritage, sa culture tout en composant avec ses différences". 

Mélanie Longuet