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Le Front national prêt à changer de nom?

Porté par ses bons résultats au premier tour des régionales, le FN souhaite désormais transformer l'essai pour 2017. Une stratégie qui pourrait passer par un changement de nom du parti.

Le succès électoral du FN passe-t-il par son changement de nom? Serpent de mer depuis la création du parti en 1972, l'idée refait surface maintenant que Jean-Marie Le Pen se trouve définitivement sur la touche. Le fondateur du FN a toujours été farouchement opposé à un changement de nom de son parti.

Après de bons résultats au premier tour qu'il n'a pas réussi à concrétiser au second, le parti s'interroge désormais sur la méthode à adopter pour transformer l'essai en vue de 2017. L'idée d'un changement de nom a d'abord été avancée par deux personnalités qui, à défaut d'une adhésion franche au FN, gravitent autour du parti via l'organisation Rassemblement bleu Marine. Robert Ménard maire de Béziers, a ainsi plaidé publiquement pour un changement de nom du parti. Ce serait "un symbole très fort d'ouverture du parti", a-t-il écrit sur Twitter.

"L'idée commence à germer"

Une idée approuvée par le député du Rassemblement bleu marine, Gilbert Collard. "C'est le meilleur moyen pour les empêcher de manipuler les peurs", affirmait-il dans L'Opinion la semaine passée. "Ces gens-là (le gouvernement, ndlr) surfent sur les peurs". Pour lui, la discussion sur un changement de nom n'est "pas encore" ouverte. "Mais on sent que l'idée commence à germer". Selon un élu francilien, le sujet a même été abordé au bureau politique du parti au lendemain des régionales.

Florian Philippot, vice-président du parti, n'exclut rien et dit même que "la question n'est pas taboue". "Je pense qu'il ne faut rien s'interdire parce que notre mouvement a besoin d'aller de l'avant", ajoute-t-il, précisant que la balle était désormais dans le camp de "la présidente". Celle-ci "y réfléchit", assure Wallerand de Saint-Just, trésorier du FN. Sur Europe 1, la patronne du FN l'a confirmé: le sujet, qui n'est plus tabou, sera abordé fin janvier lors d'un séminaire du parti.

Un changement de nom pourrait constituer une nouvelle étape vers la "dédiabolisation" du FN, qui tente de prendre ses distances vis-à-vis des polémiques lancées par Jean-Marie Le Pen. Mais Marine Le Pen y pose une condition: il doit correspondre à une réalité politique, donc à des alliances avec d'autres partis. Mais lesquels? Nicolas Dupont-Aignan, fondateur de Debout à la France à qui Florian Philippot a tendu la main après les régionales, a catégoriquement refusé un rapprochement. Philippe de Villiers pourrait faire partie des personnalités approchées.

Un futur parti "Les Patriotes"?

L'ancien candidat du Mouvement pour la France aux présidentielles pourrait d'ailleurs figurer sur la liste des invités d'un congrès que souhaite organiser Robert Ménard au printemps 2016 dans sa ville de Béziers. Dans Valeurs actuelles, l'ancien président de Reporters sans frontières se prend à rêver d'un "grand congrès unificateur", auquel prendraient part des part des politiques de droite, de Philippe de Villiers à des membres des Républicains, ainsi que des intellectuels.

En attendant, il faudra tâcher de rebaptiser la formation frontiste. Depuis quelques semaines, les cadres du parti évoquent avec insistance dans leurs interventions publiques "Les patriotes", qu'ils opposent aux "mondialistes". L'intervention de Florian Philippot lundi matin sur BFMTV en est l'exemple concret. Simple tic de langage ou indice? Réponse fin janvier.

Ariane Kujawski, vidéo: Pierjean Poirot