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Déchéance de nationalité: "dans ces conditions" le FN pourrait voter la révision constitutionnelle

Florian Philippot lors d'un meeting pour les élections régionales, à Kintzheim, le 9 décembre 2015.

Florian Philippot lors d'un meeting pour les élections régionales, à Kintzheim, le 9 décembre 2015. - Frederick Florin - AFP

Florian Philippot a réagi mercredi sur France Info pour approuver le maintien de l'extension de la déchéance de nationalité dans la révision de la Constitution, en faveur de laquelle le Front national envisage désormais de voter.

Une bonne décision, mais encore trop timide a son goût. Florian Philippot a salué sur France Info le choix de l'exécutif de maintenir l'extension de la déchéance de nationalité pour les binationaux dans le projet de révision de la Constitution. "C’était pour nous une condition importante, donc je pense que dans ces conditions nous pourrons voter cette révision constitutionnelle", a ainsi déclaré le vice-président du Front national.

Florian Philippot a voulu rappeler que cette décision avait été promise depuis longtemps, et notamment par Nicolas Sarkozy dans son discours de Grenoble en 2010, mais jamais mise en place. "On a cru jusqu’au dernier moment que François Hollande lui aussi allait y renoncer, puisqu’on s’était tous laisser abuser par les propos de sa propre ministre, madame Taubira", a-t-il lancé. Il juge qu'après cet "épisode piteux", la ministre de la Justice devrait "démissionner, par honneur et par efficacité gouvernementale".

Une "arme" à utiliser "plus massivement"

Florian Philippot regrette toutefois que cette extension ne puisse s'appliquer qu'aux individus effectivement condamnés pour terrorisme, estimant que cette "arme" devrait être utilisée "plus massivement", sans que l'avis d'un magistrat ne soit nécessaire.

"Je pense par exemple aux fichés S binationaux, qui sont convaincus de radicalisation islamiste, ou dont on sait qu’ils sont partis s’entraîner en Syrie, en Irak ou en Libye pour le jihad, a-t-il expliqué. Quand on est certain que ces gens-là s’entraînent à faire des horreurs, je pense qu’on peut se passer de cet avis du juge".

Interrogé sur la compatibilité d'une telle mesure avec l'état de droit, Florian Philippot n'a aucune hésitation. "Oui, c’est l’Etat de droit", a-t-il affirmé. "Un Etat qui décide qui peut rester sur son territoire national, qui peut assurer la sécurité à nos compatriotes, c’est l’Etat de droit."

Hélène Millard