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Corse: "Le président de la République doit siffler la fin de la récréation", estime Philippot

Le vice-président du FN exprime ses réserves après les déclarations du nationaliste Jean-Guy Talamoni, désormais à la tête de la Corse.

Après les élections régionales qui ont vu les nationalistes arriver au pouvoir en Corse, Florian Philippot ne cache pas ses réserves sur les premières prises de paroles de Jean-Guy Talamoni, dont le discours de victoire était rédigé en corse. "Le président de la République doit sonner la fin de la récréation", estime le vice-président du FN.

"Que les Corses aient voté pour la préservation de leur culture particulière, même de leur langue, je le conçois parfaitement. Mais je ne crois pas que les Corses aient voté pour être largués de la France", ajoute-t-il. "La Corse a montré qu'elle était une chance pour la Corse, et que la Corse était une chance pour la France".

"Je suis très attaché à nos régions, mais aussi à l'unité nationale", reconnaît Florian Philippot. "Il faut que le président de la République et le Premier ministre, qui n'ont que le mot République à la bouche, sortent de leur silence, qui est coupable".

"Un sujet de préoccupation" pour Matignon

Quelque peu éclipsée par le score du Front national dans les autres régions, la victoire des nationalistes corses, grands gagnants des élections territoriales dimanche, a un peu pris de court le gouvernement, et le place devant une situation inédite.

"C'est un sujet de préoccupation, même si nous ne sommes pas totalement étonnés par les résultats", confiait un proche du Premier ministre après la première grande victoire nationaliste depuis le renouveau de ce courant de pensée, à la fin des années 1960. C'est la première fois depuis sa création en 1982 que les nationalistes dirigent les institutions insulaires.

Florian Philippot n'est pas le seul à se dire "choqué" par le discours en corse de Jean-Guy Talamoni. Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre de l'Intérieur, s'est dit aussi "certainement choqué". Vendredi, François Fillon a demandé à François Hollande "une réaction claire" face aux "insultes" de la majorité nationaliste. 

A. K.