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Jean-Luc Mélenchon règle ses comptes avec le Front de gauche

Jean-Luc Mélenchon le 22 août 2014 à l'université d'été du Front de gauche.

Jean-Luc Mélenchon le 22 août 2014 à l'université d'été du Front de gauche. - Jean-Pierre Clatot - AFP

"Humilié" par les résultats du Front de gauche aux régionales, l'eurodéputé distribue les critiques envers son propre camp.

Avec seulement 4,5% des voix, les résultats des élections régionales sont mauvais pour le Front de gauche. Dès dimanche dernier, Jean-Luc Mélenchon n'a pas caché son amertume, se disant "humilié" par cette débâcle dans les urnes.

Du côté communiste, on admet également l'échec. "Il y a un travail de bilan à faire", reconnaît le porte-parole du PCF, Olivier Dartigolles. Mais alors, à qui la faute? Moins d'une semaine après le scrutin, l'heure est au règlement de comptes de Jean-Luc Mélenchon avec la formation qu'il a contribué à créer.

"Une élection, c'est sérieux. Or le Front de gauche n'a pas traité sérieusement cette électi on. Tout le monde a fait une campagne nationale, sauf nous! On a donc fait 13 campagnes locales, avec 4 stratégies différentes", déplore-t-il vendredi sur BFMTV et RMC. 

Le Front de gauche, "c'est tout ce qui nous reste"

Dans certaines régions, comme en Ile-de-France, le Front de gauche s'est allié avec les Verts - et cette stratégie s'est soldée par un échec. Dans d'autres, comme en Paca, l'alliance s'est faite avec le Parti communiste ou le Parti de gauche, sans la bannière commune du Front de gauche - malgré l'utilisation du logo. Quatre stratégies différentes, difficilement lisibles pour les électeurs.

"Moi quand je l'ai dit, on m'a dit que je ramenais ma science", se souvient Jean-Luc Mélenchon. Au passage, il rappelle que le Front de gauche a également fait une autre erreur stratégique: l'alliance avec les écologistes, qui "disent une chose en en faisant une autre". "Ceux-là, je ne suis pas prêt de les oublier".

Mais à ses yeux, les mauvais résultats des régionales ne sonnent pas pour autant la fin du Front de gauche: "c'est vrai qu'il a du plomb dans l'aile, mais nous n'abandonnerons pas car c'est tout ce qu'il nous reste. "Nous sommes tous d'accord pour dire qu'il faut dépasser cette structure".

Désormais, l'heure est à la préparation des présidentielles de 2017. Avec encore une fois Jean-Luc Mélenchon candidat? Là encore, la critique de son propre camp n'est pas tendre. "Notre spécialité, dans l'autre gauche, c'est l'auto-flingage. Dès qu'il y en a un qui dépasse, on lui tire dessus". Pourtant, il ne le cache pas, l'eurodéputé "aimerait être élu. Mais une candidature, ça mérite réflexion". 

https://twitter.com/ariane_k Ariane Kujawski Journaliste BFMTV