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Comment Mélenchon chapeaute sa "France insoumise" ce week-end

Jean-Luc Mélenchon doit construire la "France Insoumise", ce week-end à Lille

Jean-Luc Mélenchon doit construire la "France Insoumise", ce week-end à Lille - Philippe Huguen - AFP

Pour la première fois depuis l'annonce de sa candidature, Jean-Luc Mélenchon réunit ce week-end sa Convention de la France insoumise, sorte de parlement tiré au sort du mouvement qu'il a crée, en vue de conquérir l'Elysée en 2017.

Jean-Luc Mélenchon met sur orbite, ces samedi et dimanche près de Lille, sa "France insoumise". Un mouvement créé pour porter sa candidature en 2017 et dont il vante le caractère novateur, même s'il pourrait être rattrapé sur sa gauche par les primaires écologiste et socialiste.

"Nous allons faire quelque chose que personne n'a jamais fait", a expliqué Jean-Luc Mélenchon mardi.

"C'est un prototype que nous allons voir dimanche, il y aura donc peut-être des choses imparfaites, je le dis parce que je suis un peu angoissé de voir si ça va marcher", a-t-il ajouté dans L'Epreuve de vérité (Radio classique-Les Echos-AFP-Public Sénat).

Un parlement tiré au sort

La première Convention de la France insoumise, sorte de parlement interne sera composée d'un millier de personnes environ, celles-ci étant renouvelées à chaque nouvelle Convention. Deux tiers ont été tirés au sort, à parité hommes et femmes, parmi les quelque 135.000 personnes qui ont soutenu le député européen sur le site internet de sa campagne.

L'autre tiers est composé d'une part de l'"espace politique", avec des soutiens venus du parti communiste, du parti socialiste, d'Ensemble ou du Parti de gauche que Jean-Luc Mélenchon a contribué à fonder en 2009, d'autre part de "l'espace des luttes", avec des acteurs syndicaux ou écologistes.

Pourquoi le tirage au sort ? "Parce que nous ne voulions pas d'élection car (ça) voudrait dire que nous deviendrions un parti avec des plate-formes, des tendances, des textes d'orientation", a argumenté Jean-Luc Mélenchon qui, comme Nicolas Hulot - avant qu'il renonce - ou Emmanuel Macron - qui n'a pas encore annoncé officiellement sa candidature - a inscrit son engagement pour 2017 "hors des partis".

Menacé par les candidats de la primaire à gauche?

Ces partis traditionnels qui n'ont pas bonne presse dans l'opinion publique. Et notamment le PS, dont Jean-Luc Mélenchon fustige la politique au gouvernement et les candidats à la primaire organisée fin janvier qui y ont participé. Mais s'ils sortaient vainqueurs, ces derniers pourraient jouer quelques tours à celui qui était crédité de 14 à 15% des voix dans le dernier sondage (Elabe) sur le premier tour, publié le 22 septembre.

"Arnaud Montebourg parle aux gens qui ont quitté la gauche pour l'abstention ou pour le FN, s'il emporte la primaire, il prendra des voix et son espace politique à Mélenchon", estime un tenant de l'aile gauche du PS. Un autre rappelle que si c'est Benoît Hamon qui gagne, "il pose vraiment problème à Mélenchon qui est aujourd'hui surévalué" et a selon cette source tout intérêt à une candidature de François Hollande. 

Sans compter Europe Ecologie-Les Verts qui a refusé de se rapprocher de lui, même si l'ancien ministre socialiste a considérablement verdi son discours et son programme.

Le PCF n'est pas épargné

Mais le PCF n'est pas non plus épargné. Son partenaire en 2012 continue de refuser de suivre Jean-Luc Mélenchon sans condition dans l'aventure. Samedi dernier, son secrétaire national, Pierre Laurent a présenté une première ébauche de "programme" avec lequel il entend "entrer en campagne". 

Elaboré à partir des réponses données par quelque 65.000 personnes à un questionnaire distribué cet été par les militants communistes, ce programme a été résumé en sept axes par Pierre Laurent. "Sept axes qui sont à un niveau de généralité, on ne gouverne pas avec ça! Il faut un programme sérieux, il faut qu'il soit chiffré, il faut qu'il soit organisé", a critiqué Jean-Luc Mélenchon.

De fait, son programme à lui, "l'Avenir en commun" sera révélé, finalisé, à l'occasion de cette convention organisée aux Halles de la filature de Saint-André-lez-Lille.

"L'humain d'abord"

Construit à partir de "l'Humain d'abord", le programme commun avec le PCF de 2012, complété des réflexions de Jean-Luc Mélenchon depuis, comme la règle verte et l'économie de la mer, il a fait l'objet de mois de discussions au sein de la France insoumise avant d'être soumis à validation.

La Convention doit permettre l'émergence de points jugés "prioritaires", que pourront défendre les participants, notamment au moyen de deux "vidéomatons" mis à leur disposition pour diffusion dans la salle ou sur le site internet de la Convention.

Jé. M. avec AFP