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Nice: le FN stagne, le bloc identitaire présente sa liste

Philippe Vardon présente sa liste à Nice

Philippe Vardon présente sa liste à Nice - -

Bataille des extrêmes à Nice. Philippe Vardon et son Bloc identitaire ont décidé de présenter une liste d’extrême droite aux municipales. Une décision qui pourrait plomber un FN déjà mal en point dans la ville.

Le FN n'a pas voulu d'eux, "tant pis pour leur mépris, on présente notre liste". A Nice, Philippe Vardon et le parti d’extrême droite le Bloc identitaire (BI) ont annoncé mercredi qu’ils se lançaient dans la course aux municipales de mars prochain.

Officiellement, leur objectif est de "présenter une véritable opposition" au maire sortant, l’UMP Christian Estrosi. Côté coulisses, c'est plutôt contre la candidate FN Marie-Christine Arnautu qu'ils enragent. Et avec une liste, qui ne laisse aucun doute sur sa teneur et intitulée "Immigration, islamisation, insécurité, impôts: basta!", les identitaires pourraient bien entamer le score d’un Front national déjà en perte de vitesse dans la ville.

Un parti à droite de l'extrême droite

Pour fixer le décor, précisons que le Bloc identitaire est apparu au cours des années 2000 et s’est constitué en parti politique en 2009. Prônant la remigration, organisant "des mouvements de sécurisation" à la sortie des écoles, le parti s’est surtout fait connaître par des opérations coup de poing décriées. Les apéros "saucisson pinard" ou "la soupe au cochon" qui excluaient les SDF musulmans, c’était eux.

"On a annoncé notre candidature mercredi, on annoncera les quinze premiers noms de notre liste la semaine prochaine", explique à BFMTV.com Philippe Vardon, 33 ans, dont 19 passés à s’engager à l’extrême droite. Il sera la figure de proue de cette liste identitaire. "J’ai tendu la main au Rassemblement Bleu Marine autant que possible. On a reçu mépris et insultes. Je me présente comme en 2008 et tant pis pour eux". Seront-ils assez nombreux pour constituer une liste? "La liste est quasi bloquée", jure-t-il avant d’asséner, en visant le FN: "ce n’est pas nous qui avons du mal à trouver des colistiers".

Une liste à 3%

En 2008, Philippe Vardon avait réuni 3% des suffrages exprimés au premier tour. Six ans plus tard, il ne peut guère espérer faire mieux. "Nous n’avons pas d’objectifs chiffrés", fait-il croire, "nous voulons porter une vraie opposition politique, car jusqu’à présent Marie-Christine Arnautu a mené une non-campagne, sans ligne politique. Elle aurait mieux fait de rester chez elle", insiste-t-il, estimant quand même être capable de dépasser les 5% au premier tour, seuil à atteindre pour fusionner avec une autre liste présente au second tour. 

Espère-t-il fusionner au second round avec le FN? "Je crois assez peu à la fusion des listes, vu le ton qui règne aujourd’hui", explique Philippe Vardon, se défendant de conduire une liste de "déçus, des mécontents du Front". Il n’empêche, on trouve dans ses rangs: des refoulés du FN, des membres des 'Indignés FN', d’ex-candidats repoussés ou déçus par Marie-Christine Arnautu.

Une liste qui pourrait priver le FN d'un second tour?

Cette initiative pourrait en tout cas, achever le Front national qui semble avoir atteint son plafond de verre à Nice. Deux chiffres en témoignent: à la présidentielle de 2012, Marine Le Pen se classait deuxième du premier tour - derrière Nicolas Sarkozy, devant François Hollande - avec 23% des voix. Deux ans plus tard, un sondage Ipsos estime que la liste FN ne dépassera pas les 10% au premier tour dans la ville. Tout juste la barre fixée pour figurer au second tour. La liste du Bloc identitaire pourrait donc signer la fin des velléités des frontistes.

"Il faut bien voir, explique Jean-Yves Camus, chercheur à l’Iris, que l’horizon du Bloc identitaire est bouché. Ses membres fondateurs - qui ont mûri - veulent désormais atteindre des postes à responsabilités. Ils se sont donc tournés vers le Rassemblement Bleu Marine. Mais le FN n’a pas voulu d’eux. Avec leur passé, les identitaires représentaient un risque bien trop grand pour un parti qui se veut respectable".

Hélène Favier