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Hayange: un maire FN repeint une fontaine sans consulter l'artiste

Le maire FN d'Hayance a fait repeindre cette fontaine du sculpteur Alain Mila sans le consulter.

Le maire FN d'Hayance a fait repeindre cette fontaine du sculpteur Alain Mila sans le consulter. - -

L'artiste, prévenu par un coup de fil anonyme, entend porter l'affaire devant les juridictions administratives. La fontaine en métal qu'il a créée a été repeinte en bleu sans que quiconque ne lui en parle.

La municipalité FN de Hayange (Moselle), qui a décidé de repeindre en bleu une sculpture du centre-ville jugée "sinistre", s'est attirée les foudres de l'artiste qui s'étonne de ne pas avoir été prévenu, rapporte le Républicain lorrain. L'artiste entend porter le litige devant les juridictions administratives.

L'oeuvre, une fontaine en métal et pierre, avait été achetée en 2001 par la municipalité socialiste de l'époque à un artiste local, Alain Mila, qui a depuis quitté la région.

"Il y a quelques jours, j'ai reçu un coup de fil anonyme pour m'annoncer que ma fontaine avait été repeinte. Je n'y ai d'abord pas cru, mais un ami me l'a ensuite confirmé. La mairie ne m'avait rien dit! Et quand je les ai appelés, je n'ai pas eu d'explication", a expliqué à l'AFP Alain Mila.

Le maire frontiste de Hayange, Fabien Engelmann, a dit assumer son choix et "ne pas comprendre qu'on fasse tout un pataquès" pour une oeuvre, selon lui, "dont on peine à appeler ça de l'art".

"Une violation du code de la propriété intellectuelle"

"Il n'y avait rien de mal à faire ça. On a une ville assez lugubre, sinistre, on a voulu l'égayer. On a repeint le fond en bleu piscine, le reste en bleu turquoise... Ca n'était en aucun cas pour détériorer la fontaine", a-t-il expliqué à l'AFP.

Du fait de cette polémique, le maire souhaite d'ailleurs "revendre la fontaine à Alain Mila", en rappelant qu'elle avait été achetée en 2001 "près de 9.000 euros, sans le moteur et la tuyauterie". "S’il veut la racheter, on lui revend et on enlèvera le bleu", a-t-il dit au Républicain lorrain.

La ministre de la Culture, Aurélie Filippetti , a pour sa part dénoncé dans un communiqué "une violation manifeste du droit moral et des règles élémentaires du code de la propriété intellectuelle et de la protection du patrimoine".

Alain Mila, qui juge en outre que le bleu utilisé "est très proche de celui du logo du Front national", a attaqué la collectivité devant le tribunal administratif de Strasbourg. "Qu'on enlève la peinture", a-t-il exhorté, en déplorant "une atteinte à tout (son) travail et à (ses) valeurs".

V.R. avec AFP