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Sécurité globale: selon Darmanin, il n'y a pas de "divorce entre la police et sa population"

Après une semaine de rebondissements et de couacs au sein de l'exécutif au sujet de la loi sur la sécurité globale, le ministre de l'Intérieur est entendu ce lundi par les députés au sujet des récentes images de violences impliquant les forces de l'ordre.

Darmanin relativise "la détestation" dont la police ferait l'objet

Répondant à une intervention de la présidente du groupe PS, Valérie Rabault, le ministre de l'Intérieur a rappelé que selon un sondage Elabe de juin dernier, 69% des Français font confiance à leur police. "Je crois qu'il faut relativiser (...) la détestation" dont les forces de l'ordre feraient l'objet, estime Gérald Darmanin, qui a par ailleurs nié tout "divorce" entre la police et les citoyens français.

À titre de comparaison, l'ancien sarkozyste a évoqué l'impopularité très forte de la classe politique auprès des Français. "Il est normal que les dépositaires de l'autorité publique (...) ne soient pas toujours aimés par la population", a-t-il ensuite minimisé au sujet de la police, rappelant les paroles de chanteurs engagés tels que Georges Brassens ou Renaud.

Macron accordera une interview au média en ligne Brut jeudi

Le président Emmanuel Macron répondra jeudi en direct sur les réseaux sociaux aux questions des journalistes de Brut et du public de ce média en ligne, sur des thèmes qui passionnent les jeunes et sur l'actualité récente, a annoncé Brut ce lundi.

"Quelques jours avant le passage du projet de loi 'confortant les principes républicains' en Conseil des ministres, le Président de la République Emmanuel Macron sera interrogé sur les principales thématiques qui intéressent la jeunesse aujourd'hui et notamment les sujets liés à la laïcité, l'identité, la 'Génération Covid' ou l'écologie. Cet entretien sera également l'occasion de répondre aux questions liées à l'actualité récente, notamment dans le contexte des violences policières survenues dernièrement", a indiqué Brut, dans un communiqué.

"Je n'ai ni amour ni haine du préfet Lallement", répond Darmanin

Répondant à une critique émise par le député communiste Stéphane Peu, mais qui fait écho à de nombreux commentaires politiques, Gérald Darmanin a réaffirmé "toute (sa) confiance" au préfet de police de Paris, Didier Lallement.

"Je n'ai ni amour ni haine du préfet Lallement. (...) Il dirige l'un des postes les plus difficiles de France", estime le ministre de l'Intérieur. "j'ai constaté depuis que je suis en poste qu'il n'a pas failli à sa mission", assure-t-il.

"Les manifestations sont de plus en plus nombreuses", rappelle Darmanin

Répondant à une intervention du député Paul Molac (Libertés et Territoires, ex-LaREM), le ministre de l'Intérieur a rappelé que, sur les 15 dernières années, "les manifestations sont de plus en plus nombreuses, et elles sont de plus en plus violentes".

Gérald Darmanin a pointé du doigt une autre "erreur" de son ministère, commise durant les affrontements avec les gilets jaunes (donc sous l'égide de Christophe Castaner): celle d'avoir "envoyé des policiers dont le métier n'est pas le maintien de l'ordre faire du maintien de l'ordre."

"On n'a pas créé assez de poste de CRS ou de gardes mobiles", déplore-t-il.

"Je ne suis pas un fétichiste des numéros", affirme Darmanin en évoquant l'article 24 du texte sur la sécurité globale

Interrogé par la députée MoDem Laurence Vichnievsky, le ministre de l'Intérieur a évoqué le vif "débat" autour de l'article 24 de la proposition de loi sur la sécurité globale. "Je ne suis pas un fétichiste des numéros, (...) mais je suis en revanche fétichiste de la protection des policiers et des gendarmes", a-t-il répondu avec un brin d'ironie.

Selon Gérald Darmanin, les policiers "ne sont pas assez protégés". "Je n'ai pas changé de position", a-t-il prévenu.

"J'ai cru que ce n'était pas de vrais policiers", affirme Darmanin au sujet du passage à tabac de Michel Zecler

Répondant au sujet des images du passage à tabac de Michel Zecler par les forces de l'ordre, le ministre de l'Intérieur affirme avoir d'abord "cru que ce n'était pas de vrais policiers" en voyant les images.

"Dès que j'ai su que c'était des policiers, qu'ils étaient identifiés, je les ai suspendus", a-t-il rappelé, ajoutant qu'il engagerait "un processus de révocation" à l'encontre des policiers concernés.

Le député LR Eric Ciotti appelle Gérald Darmanin à soutenir les policiers

Après une première intervention de la rapporteure LaREM de la proposition de loi "sécurité globale", Alice Thourot, le député Les Républicains Eric Ciotti a appelé Gérald Darmanin à continuer à soutenir les forces de l'ordre.

Dénonçant les "manifestants très violents" qui ont défilé devant l'Assemblée nationale le 17 novembre, l'élu des Alpes-Maritimes a pointé du doigt "ceux qui veulent déstabiliser la République" et les "nervis d'extrême gauche". "L'article 24 ne sert à rien", a-t-il par ailleurs affirmé.

"Je ne partage pas (...) le fait qu'il y a un divorce entre la police et sa population"

Défendant les forces de l'ordre, le ministre de l'Intérieur s'est inscrit en faux contre l'un des points de débat soulevés ces derniers jours. "Je ne partage pas (...) le fait qu'il y a un divorce entre la police et sa population", a déclaré Gérald Darmanin, qui se fait fort de ne pas changer de braquet au fil des polémiques.

Faut-il faire évoluer l'IGPN? Darmanin "prêt à tout étudier"

Après avoir critiqué le manque criant de matériel en bon état pour bien des policiers et gendarmes, Gérald Darmanin estime que l'IGPN peut évoluer. "Il y a beaucoup de débats" autour de l'IGPN, constate-t-il. Est-ce normal que cet Inspection générale de la Police nationale au sein du ministère de l'Intérieur? "Tout corps de ministère a une inspection", répond le ministre.

"Toute institution peut évoluer", a-t-il toutefois reconnu. "Je suis prêt à tout étudier", a-t-il ajouté. "Il faut évidemment contraindre le ministre de l'Intérieur à prendre les sanctions que préconise l'IGPN."

Darmanin dénonce les "sept pêchés capitaux" des gouvernements précédents en matière de maintien de l'ordre

Face aux députés, le ministre de l'Intérieur défend ardemment les forces de l'ordre, mais dénonce les "sept pêchés capitaux" qu'auraient commis les gouvernements précédents en matière de sécurité. "Dans les coins les plus populaires, (...) la protection de l'État est celle que les pauvres ne peuvent pas se payer", a-t-il affirmé.

"D'abord, il y a une erreur fondamentale que nous avons commis (sic) au ministère de l'Intérieur, c'est le peu de formation que nous offrons à nos policiers. Raccourcir la formation initiale (...) n'était pas une bonne mesure", a reconnu Gérald Darmanin.

Il se trouve que le ministre qui a pris le décret raccourcissant cette formation, dans le cadre de la loi d'août 2019 de transformation de la fonction publique... était Christophe Castaner, qui était à l'Intérieur à l'époque.

Darmanin reconnaît qu'il y a "peut-être des problèmes structurels" au sein de la police

"On peut se poser la question de pourqsuoi il y a des femmes et des hommes qui, de manière disproportionnée, commettent des actes qui nous révulsent tous", a déclaré Gérald Darmanin, avant d'émettre cette hypothèse: "Il y a peut-être des problèmes structurels, qui ne datent pas d'hier avouons-le."

Le ministre de l'Intérieur estime néanmoins qu'aucune profession n'est aussi surveillée que les forces de police.

Darmanin s'explique devant les députés

Après un bref propos liminaire de la présidente de la commission des Lois, Yaël Braun-Pivet, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a entamé son introduction face aux députés. "Rien ne me parler plus normal (...) que répondre à vos interrogations", a-t-il déclaré.

"il apparaît tout à fait normal que des pouvoirs aillent avec des contre-pouvoirs", a-t-il affirmé, condamnant les actes "inqualifiables" des policiers visés par les récentes enquêtes.

Agacé, Macron a recadré ses troupes

Lors du déjeuner organisé ce lundi à l'Elysée, auquel ont été conviés entre autres Gérald Darmanin, Jean Castex, Eric Dupond-Moretti et les responsables de la majorité, Emmanuel Macron a exprimé son agacement.

"La situation dans laquelle vous m'avez mis aurait pu être évitée", a affirmé le président de la République, selon des participants au déjeuner interrogés par BFMTV, confirmant des informations du Figaro.

Sans s'adresser à quelqu'un en particulier, Emmanuel Macron a reconnu que l'article 24 "provoque un trouble". Désireux de faire baisser la pression, le chef de l'État aurait donc missionné les leaders de la majorité - Christophe Castaner, Patrick Mignola et Olivier Becht - pour qu'ils proposent une réécriture du litigieux dispositif.

Première grosse zone de turbulence pour Darmanin

Nommé ministre de l'Intérieur par Emmanuel Macron en juillet, Gérald Darmanin traverse actuellement sa première vraie zone de turbulence en tant que "premier flic de France". Déjà critiqué lors de ses débuts pour ses prises de position droitières, le voici désormais contesté par la frange la plus loyaliste de LaREM pour ses méthodes.

Le locataire de l'hôtel Beauvau risque d'ailleurs d'être confronté aux mêmes soucis lors de l'examen du projet de loi renforçant les principes républicains. Ce texte, qui découle du discours d'Emmanuel Macron aux Mureaux sur le séparatisme islamiste, contient une disposition très similaire à l'article 24 de la proposition de loi "sécurité globale".

Par ailleurs, la PPL contient d'autres dispositions contestées par certaines associations de droits de l'Homme, comme son article 22 qui vise à encadrer l'utilisation des drones.

L'article 24 bientôt supprimé?

À peine deux heures avant l'audition de Gérald Darmanin, les leaders de la majorité ont cherché à mettre l'exécutif au pied du mur. Lors d'une conférence de presse commune, les présidents des groupes LaREM, MoDem et Agir ont annoncé qu'ils procéderaient à une "réécriture totale" de l'article 24.

Christophe Castaner, Patrick Mignola et Olivier Becht ont reconnu les "incompréhensions" persistantes nourries par ce dispositif, voté la semaine dernière en première lecture à l'Assemblée nationale. Les trois dirigeants de la majorité ont ensuite précisé que cette nouvelle écriture de l'article 24 pourrait s'inscrire dans le cadre d'un nouveau texte. Certains l'interprêtent comme une prochaine suppression pure et simple.

Problème: à ce stade le texte est actuellement entre les mains du Sénat qui, dans le cadre de la navette parlementaire, doit examiner la proposition de loi sécurité globale. Les députés y auront à nouveau accès lors d'une commission mixte paritaire, prévue en janvier prochain. Or d'ici là, il est difficile d'imaginer le Sénat, où la droite est majoritaire, se plier à l'injonction des marcheurs.

Une semaine de ratés autour de la loi "sécurité globale"

Cette audition du ministre de l'Intérieur survient à point nommé, après plus d'une semaine de couacs entre la majorité et l'exécutif, qui ont entamé un bras de fer autour de la proposition de loi sur la sécurité globale. Un bras de fer qui concerne essentiellement son article 24, censé encadrer la diffusion d'images de policiers en intervention.

Suscitant l'indignation de la profession journalistique et d'une partie des Français, la disposition législative a également divisé la majorité. L'aile gauche de La République en marche, ainsi que le MoDem, ont fait part de leur inquiétude à l'égard de cet article, accusé de nourrir l'objectif de dissuader certains journalistes de filmer les forces de l'ordre en cours d'intervention. Voyant gonfler la polémique, le gouvernement a déposé un amendement à l'article 24 (notamment pour garantir la liberté de la presse), sans toutefois convaincre ses opposants.

La polémique est montée d'un cran lorsque le Premier ministre Jean Castex a annoncé la mise en place d'une commission "indépendante" chargée de réécrire le litigieux article. Les parlementaires marcheurs y ont vu une dépossession de leur rôle de législateur.

Bienvenue dans ce live

Bonsoir à tous, bienvenue dans ce live de BFMTV.com consacré à l'audition de Gérald Darmanin par les députés de la commission des Lois de l'Assemblée nationale. Celle-ci a été prévue à la suite des violences qui ont entaché l'action des forces de l'ordre ces dernières semaines.

Il doit être question de violences perpétrées lors de la première manifestation contre la proposition de loi sur la "sécurité globale", organisée près de l'Assemblée nationale le 17 novembre. Il y a ensuite eu l'évacuation musclée d'un campement de migrants place de la République le 23 novembre, puis le passage à tabac d'un producteur de musique par des policiers, révélé par Loopsider.

L'audition doit permettre "d’interroger le ministre sur les conditions dans lesquelles les forces de l’ordre ont eu recours à la force lors de différents événements survenus à Paris depuis la manifestation du 17 novembre 2020", a expliqué la présidente de la commission, Yaël Braun-Pivet.
Par BFMTV.com