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Pour ses derniers voeux, Hollande veut cibler la droite et le FN

Pour ses derniers voeux télévisés, le chef de l'Etat compte rappeler son attachement aux "valeurs républicaines" et au "service public". Une façon de cibler François Fillon et le Front national.

Ce samedi soir, à l'occasion de la Saint-Sylvestre, François Hollande présente pour la dernière fois ses voeux aux Français. Un ultime rendez-vous qui devrait lui permettre de défendre son bilan, mais aussi de glisser quelques éléments très politiques.

Sur la forme, le président de la République s'en tiendra à la tradition: une allocution de moins de dix minutes enregistrée peu avant sa diffusion à 20 heures tapantes, debout derrière un pupitre sous les ors du salon Napoléon III de l'Élysée.

Un mois tout juste après avoir renoncé à briguer un second mandat, le chef de l'Etat, assure son entourage, a "à coeur de soigner ces derniers voeux du quinquennat, avec un texte très personnel" auquel il a consacré sa journée de vendredi et qu'il travaillera "jusqu'au dernier moment". Une allocution également peaufinée avec trois de ses plus proches collaborateurs lors d'un déjeuner vendredi à l'Elysée: Jean-Pierre Hugues, directeur de cabinet, Vincent Feltesse et Gaspard Gantzer, conseillers politique et communication.

Fillon en ligne de mire

François Hollande est notamment attendu sur les messages qu'il pourrait délivrer à trois semaines de la primaire de la gauche et à l'approche de la présidentielle. A ce propos, souligne un proche, le président "sera très vigilant sur les valeurs républicaines, la défense de nos valeurs sociales et du service public".

Une manière de cibler François Fillon comme il le fait depuis plusieurs semaines, en pointant à demi-mot le libéralisme décomplexé du champion de la droite, symbolisé par les 500.000 emplois publics qu'il promet de supprimer s'il est élu. Selon l'un de ses proches, François Hollande ressent "une inquiétude face à la force de l'extrême droite et le programme de la droite la plus dure, libérale et réactionnaire". Mais le chef de l'Etat, poursuit cet intime, s'alarme aussi de "ce qui menace la gauche: l'élimination au premier tour de la présidentielle, dans un premier temps, et sa disparition, dans un second temps".

Hollande tentera de marquer les esprits

Pour le reste, le président devrait revenir sur l'année 2016, "une année d'épreuves, avec la guerre en Syrie, en Irak et aux portes de l'Europe, en Ukraine ou au Sahel, et les attentats de Magnanville, de Nice, de Saint-Etienne-du-Rouvray ou de Berlin". Il devrait également souligner que "les réformes commencent à porter leurs fruits", avec une reprise économique qui "s'affirme" et le recul du chômage ces trois derniers mois.

L'an dernier, quelque 11 millions de téléspectateurs avaient regardé ces voeux présidentiels. L'audience cette année aura ainsi valeur de test de la popularité du président et de ce qu'il représente encore d'autorité politique et morale après son renoncement. A défaut d'invoquer les "forces de l'esprit" comme l'avait fait François Mitterrand en 1994, l'actuel chef de l'Etat tentera sans nul doute de marquer les esprits.

Quoi qu'il en soit, la trêve des confiseurs à peine refermée, il enchaînera avec la litanie des voeux, au gouvernement le 4 janvier, aux corps constitués et aux autorités religieuses le 5, aux armées, à Mont-de-Marsan, le 6, puis aux "territoires", à Tulle, le 7.

A. K. avec AFP