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NSA: que cachent les bâches de l'ambassade américaine à Paris?

Les fenêtres du dernier étage de l'ambassade des Etats-Unis à Paris ne sont en fait qu'une bâche peinte en trompe l'oeil.

Les fenêtres du dernier étage de l'ambassade des Etats-Unis à Paris ne sont en fait qu'une bâche peinte en trompe l'oeil. - BFMTV

Selon Libération, qui a révélé mardi soir que trois présidents  français ont été directement espionnés par la NSA, un centre d'écoutes serait installé au dernier étage de l'ambassade américaine, à Paris, dissimulé par une large bâche en trompe-l'oeil. Le tout à quelques pas du palais de l'Elysée.

Une station d'espionnage camouflée derrière une large bâche faisant office de trompe-l'oeil. Le subterfuge est à peine croyable, mais selon Libération, c'est de cette manière que l'ambassade américaine à Paris écouterait le plus discrètement du monde les communications de l'Elysée, des ministères, ainsi que d'autres ambassades à proximité.

Bâche en trompe l'oeil

Le journal, qui a révélé mardi soir, avec le site d'information Mediapart, que les présidents Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande ont été directement écoutés par la NSA, affirme que l'ambassade américaine à Paris, est équipée d'une station dédiée à l'espionnage des télécommunications. Elle appartiendrait au Special Collection Service, une agence commune à la CIA et la NSA chargée des opérations de surveillance rapprochée.

Situé au dernier étage du bâtiment de l'ambassade, qui donne sur la place de la Concorde, dans le 8e arrondissement de Paris, soit à quelques mètres de l'Elysée, ce centre d'écoutes est caché derrière une immense bâche sur laquelle sont peintes des fenêtres en trompe-l'oeil.

Un centre d'écoutes construit entre 2004 et 2005

Cette bâche, qui laisse passer les signaux électromagnétiques, cache "des antennes qui épieraient les conversations téléphoniques ou radio qui peuvent être placées dans l'entourage de l'ambassade des Etats-Unis à Paris, sachant qu'un certain nombre d'ambassades, de ministères, et l'Elysée, se trouvent à quelques centaines de mètres seulement", explique sur BFMTV Jean-Marc Manach, journaliste spécialiste du renseignement et auteur de l'article consacré à cette station d'espionnage publié dans Libération. "On a réussi à retrouver des photos qui montrent que cette station a été construite entre 2004 et 2005", ajoute-t-il.

"Il faut savoir que cela ne se passe pas qu'en France: 80 sites de ce type ont été construits dans le monde, et 19 pays en Europe disposent de telles stations-espions", souligne également Jean-Marc Manach. Les villes de Berlin, Genève, Madrid, ou encore Varsovie, en abritent également. 

Des bâches non-filtrantes

Où qu'elles se trouvent, ces installations reprennent toujours la même méthode de camouflage, à l'aide de bâches en trompe-l'oeil faisant croire à des fenêtres, qui ont la particularité de ne pas filtrer les communications radio et électromagnétiques. 

Il n'y a pas que sur le territoire français que les Etats-Unis ont entrepris d'écouter les communications des représentants français. Outre-Atlantique, la NSA a également, par le passé, mis en place des micros espions dans les murs de l'ambassade de France à Washington, et au coeur de la représentation française à l'ONU, à New York, selon une note déclassifiée de l'Agence nationale de sécurité datant de septembre 2010.