BFMTV

Macron annonce une réforme de l'audiovisuel public d'ici à la fin de l'année

Emmanuel Macron, lors de ses voeux à la presse.

Emmanuel Macron, lors de ses voeux à la presse. - Capture BFMTV

Lors de ses vœux à la presse ce mercredi, le président de la République a indiqué qu'un projet de loi pour refonder l'audiovisuel public sera présenté en conseil des ministres d'ici à la fin de l'année.

C'était un sujet brûlant sur lequel il était attendu. Emmanuel Macron a indiqué, lors de ses vœux à la presse ce mercredi en fin d'après-midi, qu'un projet de loi serait présenté en conseil des ministres d'ici à la fin de l'année. "Il importe de revoir en profondeur et de manière très dépassionnée la grammaire et les règles de l’audiovisuel public", a indiqué le chef de l'Etat, s'appuyant dans son propos sur les grandes transformations qui traversent les médias ces dernières années.

"Le secteur des médias évolue rapidement, il se fonde sur un usage renouvelé", a rappelé le président de la République, insistant sur le fait que le service public "doit s'adresser à tous".

Des propositions d'ici trois mois

Emmanuel Macron a indiqué que d'ici à la fin du premier trimestre de 2018, des propositions chiffrées et structurées afin de déterminer "un scénario de transformation" de l'audiovisuel seraient énumérées par la mission qui planche sur une réforme sous l'égide du ministère de la Culture, et qui regroupe les patrons de l'audiovisuel public. Le président a alors estimé qu'un "débat large avec l'ensemble des professionnels" était nécessaire, tout en présentant sa vision de l'avenir.

Le chef de l'Etat a ainsi livré quelques priorités, comme celle donnée "à une information de qualité en développant l’information de proximité, celle de proposer des programmes distinctifs justifiant les moyens alloués", mais aussi de "prendre en compte la dimension européenne de la création en favorisant la co-production". L'audiovisuel public est "un miroir tendu à la nation et doit être penser pour tous les publics, toutes les pratiques", a martelé le président.

Et d'ajouter que le service public devait "viser l'excellence pour tous".

"Honte de la République"

Cette injonction du président intervient dans un contexte tendu avec les acteurs du secteur. Au début du mois de décembre, Emmanuel Macron a estimé que le service public ne répondait "pas totalement" à ses missions alors que les usages ont changé, notamment chez les jeunes, qui s'informent moins par la télévision. "L'audiovisuel public français, c'est de très loin, pour l'État, le premier budget de la culture, donc il y a de l'argent", avait-il insisté, créant une crispation. Une version adoucie de sa sortie au vitriol quelques jours plus tôt, où Emmanuel Macron avait estimé que l'audiovisuel public était "une honte de la République".

Déjà en novembre, des documents du ministère de la Culture évoquant un "rapprochement" entre France Télévisions et Radio France, ainsi qu'entre les réseaux régionaux de France 3 et France Bleu, mais aussi la suppression de France Ô ou le passage de France 4 à une diffusion 100% numérique avaient fuité. La ministre, Françoise Nyssen, avait alors annoncé son intention de porter plainte après la diffusion de ces "pistes de travail" radicales. La ministre qui a convoqué le 21 décembre Delphine Ernotte, la patronne de France Télévision, Mathieu Gallet de Radio France, Marie-Christine Saragosse de France Médias Monde et Laurent Vallet de l'Institut national de l'audiovisuel (INA).

Ces tensions avec le secteur public s'ajoutent à celles créées lors de l'annonce de la réduction du budget de l'audiovisuel public de 50 millions d'euros en 2018 par rapport à 2017. Le 17 octobre dernier, les syndicats CGT, CFDT, FO et le SNJ de France Télévisions ont appelé les salariés à la grève pour protester contre ces coupes qui impliquent des réductions d'effectifs. Les chaînes et le site franceinfo avaient alors été perturbés. Le 11 décembre enfin, une motion de défiance à l'encontre de Delphine Ernotte a été largement votée.

Justine Chevalier