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L'Igas dément: Morelle n'était pas autorisé à travailler avec des labos

Aquilino Morelle, conseiller de François Hollande, est accusé de conflit d'intérêts avec l'industrie pharmaceutique.

Aquilino Morelle, conseiller de François Hollande, est accusé de conflit d'intérêts avec l'industrie pharmaceutique. - -

L'Inspection générale des affaires sociales affirme n'avoir aucune trace d'autorisations demandées par Aquilino Morelle, proche conseiller de François Hollande, pour une activité avec des laboratoires pharmaceutiques.

Une journée de pressions autour d'Aquilino Morelle. Au lendemain des révélations de Mediapart, Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du Parti Socialiste, a lancé l'offensive en déclarant ne pas voir comment il "peut rester" conseiller de François Hollande si les accusations de Mediapart sur un conflit d'intérêt avec l'industrie pharmaceutique sont vérifiées.

"Si ce qui se dit est vérifié, je ne vois pas comment il peut rester. Mais si ce n'est pas vrai, il faut qu'il s'explique, il faut une grande explication pour que l'on puisse y voir clair. Il faut qu'il le fasse vite et qu'il s'explique, qu'on puisse le juger sur pièces", a déclaré Jean-Christophe Cambadélis sur itélé.

De son côté, Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales, a déclaré vendredi sur Radio Classique qu'il revenait à l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) de "donner les informations relatives à ce qui a été l'activité et le parcours d'Aquilino Morelle dans cette administration".

Dont acte: l'Igas affirme ne pas avoir de trace d'autorisations pour une activité d'Aquilino Morelle avec des laboratoires pharmaceutiques. "Le service n'a retrouvé dans les archives que les autorisations portant sur une activité d'enseignement à l'université Paris I", indique l'Igas.

La présidence de Hollande "exemplaire"

Jeudi, Mediapart a publié un long article accusant le conseiller politique du président d'avoir "travaillé en cachette pour des laboratoires pharmaceutiques" quand il était inspecteur général des affaires sociales, et épinglant son train de vie à l'Elysée.

Aquilino Morelle, auteur du discours du Bourget de François Hollande lors de la campagne présidentielle de 2012, s'est défendu de tout "conflit d'intérêts", sur sa page Facebook. Rappelant qu'il est "docteur en médecine, ancien interne des hôpitaux de Paris et ancien élève de l'ENA" mais aussi "inspecteur général des affaires sociales", Aquilino Morelle assure avoir "respecté toutes les règles et toutes les procédures, en particulier le passage devant la Commission de déontologie" de la fonction publique d'Etat. Vendredi midi, il a annoncé sa démission, mettant un terme à une vive polémique.

A. K. avec AFP