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Accusé de liens avec les labos, Aquilino Morelle dément tout "conflit d'intérêts"

Aquilino Morelle, ici le 30 mai 2012, est accusé de conflit d'intérêts par le site Mediapart.

Aquilino Morelle, ici le 30 mai 2012, est accusé de conflit d'intérêts par le site Mediapart. - -

Aquilino Morelle, conseiller politique de François Hollande, est accusé par Mediapart de conflit d'intérêts avec l'industrie pharmaceutique. L'intéressé nie dans un long droit de réponse publié sur sa page Facebook. Il assure avoir "respecté toutes les règles et toutes les procédures".

Aquilino Morelle, conseiller politique de François Hollande, accusé de conflit d'intérêts. Dans un long portrait (article payant), Mediapart indique que celui qui dirige la communication de l'Elysée, aurait eu, durant sa carrière d'inspecteur à l'IGAS, des liens troubles avec l'industrie pharmaceutique. Aquilino Morelle a démenti ses informations jeudi.

"A aucun moment je n'ai été en situation de conflit d'intérêts"

En 2007, alors à l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS), Aquilino Morelle avait pour charge d'encadrer l'industrie pharmaceutique. Or, selon Mediapart, il travaillait en même temps pour un laboratoire danois, Lundbeck. Aquilino Morelle aurait organisé pour celui-ci deux rendez-vous avec les membres du comité économique des produits de santé, qui fixent le prix des medicaments.

L'actuel conseiller de François Hollande aurait alors été rémunéré 12.500 euros pour sa prestation. Mais l'IGAS n'a pas trouvé trace de déclaration de ce "ménage", ce qui est pourtant obligatoire en de telles circonstances. Donc, selon Mediapart, il pourrait s'agir d'une "prise illégale d'intérêt".

"En tant que fonctionnaire, un certain nombre d’activités annexes sont autorisées par la loi, dont l’enseignement et le conseil", s'est défendu Aquilino Morelle dans un long message posté sur Facebook. "C’est dans ce cadre que j’ai accepté le contrat ponctuel avec le laboratoire Lündbeck", indique le conseiller qui assure que "ces activités ont dû être déclarées à l’IGAS". Mais il n'a pas "retrouvé la trace de cette démarche en dépit de [ses] recherches".

Rappelant qu'il est "docteur en médecine, ancien interne des hôpitaux de Paris et ancien élève de l'ENA" mais aussi "inspecteur général des affaires sociales", Aquilino Morelle assure avoir "respecté toutes les règles et toutes les procédures, en particulier le passage devant la Commission de déontologie" de la fonction publique d'Etat. "A aucun moment je n'ai été en situation de conflit d'intérêts", a-t-il insisté.

>> Lire la riposte postée sur Facebook par Aquilino Morelle:


Message sur le mur by Aquilino Morelle.

Mediapart pointe l'épisode des chaussures du "petit marquis"

Par ailleurs, Mediapart révèle les nombreuses mauvaises habitudes d'Aquilino Morelle, le "petit marquis". Tous les deux mois, le conseiller de François Hollande se ferait cirer ses chaussures de luxe dans les locaux de l'Elysée. "A deux reprises (...) Aquilino Morelle a même fait privatiser un salon de l’hôtel Marigny afin de se faire cirer les chaussures seul au milieu de cette pièce toute en dorures", explique le site d'information.

Réputé pour être "la" grande plume de François Hollande, le conseiller aurait lui-même eu recours, à l'occasion, à l'aide d'un "nègre", selon Mediapart. Aquilino Morelle est également accusé d'utiliser ses chauffeurs à des fins privées, notamment pour que ceux-ci conduisent son fils à des "activités personnelles". Il demanderait même à ses secrétaires de s'occuper des soucis qu'il peut rencontrer avec ses locataires.

Des accusations qu'il ne rejette pas: "Il est exact que mon emploi du temps extrêmement chargé ne m’a pas toujours permis d’aller moi-même chercher mon fils le lundi." Sur la question de l'utilisation abusive de ses secrétaires, Aquilino Morelle assure que ces dernières ont "proposé avec gentillesse de me décharger [de certaines questions personnelles], de façon ponctuelle".

Maxence Kagni