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Jacqueline Sauvage: Hollande "prendra une décision dans les tout prochains jours"

Les filles de Jacqueline Sauvage, cette femme, condamnée pour le meurtre de son mari violent, a été reçue pendant une heure par le président de la République. Elles estiment avoir été "entendues" et "écoutées".

Après une rencontre très attendue, les trois filles de Jacqueline Sauvage sont ressorties satisfaites de leur entretien à l'Elysée avec François Hollande. L'avocate de cette femme condamnée à 10 ans de prison pour avoir abattu son mari après 47 ans d'enfer conjugal a précisé que le président de la République "prendra une décision dans les tout prochains jours".

"Le président a été à l'écoute, aujourd'hui il faut qu'il trouve la bonne réponse, a détaillé Me Nathalie Tomasini. Le président bien évidemment respecte à la fois l'institution de la Justice, et la décision rendue mais il a été particulièrement sensible à l'existence de circonstances exceptionnelles dans l'affaire de Jacqueline Sauvage."

"Très à l'écoute"

Le 23 décembre dernier, quelques jours après la condamnation de leur mère en appel, les filles de Jacqueline Sauvage avait adressé au chef de l'Etat une demande de grâce présidentielle pour cette femme, battue et abusée sexuellement par son mari pendant de nombreuses années. A la sortie de cette rencontre, qui a duré environ une heure, elles ont décrit un président "vraiment à l'écoute".

"Il a été très à l'écoute, nous l'avons écouté aussi, et par rapport à la grâce, il nous donnera une réponse très prochainement, a expliqué l'une des filles de Jacqueline Sauvage. Nous lui avons dit ce que nous avions à lui dire, pas ce qu'il voulait entendre."

L'autre fille de la condamnée a confirmé avoir eu le sentiment d'être face à un président de la République "vraiment à l'écoute". "Il a pris le temps de nous connaître personnellement, assure-t-elle. Il a pris le temps de connaître notre ressenti à nous par rapport à tout ce qu'on a pu vivre. Cet homme-là, il a d’autres choses à penser peut-être aussi mais il nous a vraiment écoutées."

Des textes "pas adaptés"

"Un jour, deux jours, on ne sait pas", poursuivent les filles de Jacqueline Sauvage au sujet du délais de réponse de l'Elysée en vue d'une éventuelle décision de grâce présidentielle pour leur mère, se sentant "comprises" au terme d'un échange qu'elles estiment avoir été "sincère". "Il nous a entendu dans nos remarques notamment sur l'absence d'experts psychologiques et psychiatriques qui auraient pu faire comprendre aux jurés l'importance de l'emprise dans ce genre de situation", précisé sur BFMTV Me Janine Bonaggiunta.

Au delà du cas de Jacqueline Sauvage, la famille et les avocates de Jacqueline Sauvage expliquent que le chef de l'Etat est vraiment sensible à la question des violences conjugales. "J'aimerais rajouter qu'à travers l'histoire de Jacqueline Sauvage, le président nous a informées qu'il était bien conscient de la problématique sociétale de toutes ces femmes maltraitées et battues qui devraient être considérées différemment, assure Me Janine Bonaggiunta.

Et de conclure: "En réalité il se rend compte que les textes actuels qui sont applicables ne sont pas adaptés."

Chef de file de la mobilisation de soutien politique en faveur de Jacqueline Sauvage, Valérie Boyer, députée LR des Bouches-du-Rhône, s'est félicitée sur BFMTV de cette rencontre. Et a précisé que les conclusions du président de la République allaient dans le bon sens: "Il faut faire évoluer notre droit", a expliqué Valérie Boyer.

"Il faut travailler sur plusieurs pistes, la première c’est la présomption de légitime défense, a-t-elle poursuivie. Je suis rassurée que François Hollande, qui n’avait pas montré de signaux positifs en faveur des femmes, prend cette situation à bras le corps."

J.C.