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Présidentielle 2022: "L'incarnation (de la droite) viendra le moment venu", temporise Baroin

Invité de BFMTV et RMC, le président de l'Association des maires de France a expliqué que la droite devait se reconstruire avant de mettre une quelconque personnalité en orbite pour briguer la magistrature suprême.

Il en a récemment fait un trait d'humour. Interrogé régulièrement par les médias sur ses ambitions présidentielles, François Baroin a affirmé auprès de Public Sénat que la question de sa candidature lui avait été posée "157.000" fois en l'espace de deux semaines. Rebelote ce mardi matin sur BFMTV et RMC, alors que le président de l'Association des maires de France (AMF) planche avant tout sur son congrès.

"Je ne veux plus de responsabilités partisanes", affirme celui qui a été intégré au conseil stratégique du nouveau patron des Républicains, Christian Jacob. "Cette question (...) est extraordinairement personnelle. Et il y a plein d'autres possibilités de dire des choses - un livre, une contribution, une expression, (...) - que d'être candidat à l'élection présidentielle", estime le maire de Troyes, d'après qui le "poste" de chef d'État n'est pas encore ouvert.

"Où en sera-t-on dans deux ans?"

"Il faudrait des circonstances tout à fait exceptionnelles pour répondre positivement à une question de cette nature", a tout de même précisé François Baroin, qui dit adorer avant tout "l'enracinement local". "Où en sera-t-on dans deux ans?", s'est-il demandé.

Selon l'ancien ministre des Finances, "le seul sujet qui justifie que l'on s'exprime, que l'on dise des choses pour faire réfléchir les gens", c'est le fait de rester "les bras ballants" face à la "dualité entre Macron et Le Pen". 

S'agissant de "l'alternance" qu'il appelle de ses vœux pour marquer un cran d'arrêt à cette dualité, François Baroin refuse (pour l'instant) de s'en faire la seule incarnation. Il rappelle l'état de délabrement dans lequel s'est trouvée sa famille politique au sortir de la présidentielle de 2017 et des législatives qui l'ont suivie. 

"On a perdu deux présidentielles, tout est à recommencer. (...) L'incarnation viendra le moment venu. En tout cas, pas maintenant." Interrogé sur le temps qu'il consacre à envisager la magistrature suprême, le chiraquien assure - a contrario d'un Nicolas Sarkozy jadis, par exemple - ne pas y penser "matin, midi et soir".
Jules Pecnard