BFMTV

Municipales à Paris: investie par LR, Dati fustige la "tambouille" des élus de droite qui rallient LaREM

Invitée de BFMTV et RMC, l'ancienne garde des Sceaux a dit vouloir "rassembler plus largement", tout en réaffirmant sa volonté de présenter un candidat LR dans tous les arrondissements de la capitale. Une stratégie qui ne fait pas l'unanimité au sein de la droite.

Des listes ouvertes aux "talents" divers, mais pas de "saupoudrage". C'est, en somme, l'équilibre qu'affirme vouloir tenir Rachida Dati, investie par Les Républicains pour les élections municipales à Paris. Un choix qui, d'emblée, clive la droite locale, où l'ex-garde des Sceaux de Nicolas Sarkozy nourrit de solides inimitiés.

Invitée de BFMTV et RMC ce jeudi matin, la candidate LR veut "rassembler le plus largement (...) pour pouvoir gagner la campagne à Paris", formule que bien des postulants s'approprient. À quel point, toutefois, Rachida Dati est-elle prête à rassembler, étant donné ses divergences stratégiques majeures avec Valérie Pécresse, présidente de la Région Île-de-France et de Libres!, mouvement qui a fait sécession avec LR? 

"Valérie Pécresse a quitté Les Républicains. Elle a créé un mouvement, qui s'appelle Libres!, et aujourd'hui elle souhaite préparer sa campagne pour les régionales et, j'ai même vu, éventuellement pour la présidentielle. C'est son histoire", a constaté l'ancienne ministre. 

"J'aurai des listes partout"

Le principal objectif de Rachida Dati, face à la perspective d'une lourde défaite de LR dans la capitale, est que son parti soit représenté coûte que coûte dans tous les arrondissements. "J'aurai des listes partout, avec des candidats partout", a-t-elle appuyé. Gravement menacée par les transferts de voix manifestes qui ont eu lieu à l'occasion des élections européennes en faveur de La République en marche, la droite parisienne doit, aux yeux de sa candidate officielle, défendre son label.

À l'inverse, Valérie Pécresse souhaite privilégier une stratégie d'union de la droite et du centre, et glisser certaines figures locales dont elle est proche dans les listes LR, préférablement à leur tête. Ce que Rachida Dati aurait refusé selon Le Monde. "Nous serons le plus ouvert possible", a-t-elle pourtant assuré sur l'antenne de BFMTV, avant d'ouvrir la porte à la présence de candidats estampillés Libres! au sein de ses listes d'arrondissement.

"Mais il faut aussi une cohérence", prévient-elle. "Vous ne pouvez pas faire un saupoudrage de candidats chez tout le monde. Les électeurs ne vous en veulent jamais quand vous avez de la cohérence et des convictions. Donc moi je suis ouverte à tous les talents."

"Certains se repeignent"

Excluant toute alliance avant le premier tour avec ses deux concurrents LaREM, Benjamin Griveaux et Cédric Villani, Rachida Dati a affirmé vouloir privilégier "l'authenticité". Et de pointer du doigt, sans les nommer, ceux qui "font de la tambouille".

"Certains se repeignent, (...) disent qu'on fait de l'ouverture, et en fait ils ne font pas du tout d'ouverture, ils disent qu'on renouvelle, ils renouvellent pas, ils changent juste d'étiquette! On passe de RPR à l'UMP, de l'UMP à LR, et de LR à En Marche. Vous croyez que c'est ça, la politique?"

Le propos vise les maires d'arrondissement anciennement LR qui, aujourd'hui, soutiennent LaREM de manière plus ou moins affichée. Maire du IXe, Delphine Bürkli a officiellement rallié Benjamin Griveaux, tandis que celle du Ve, Florence Berthout, est en passe de le faire. Geoffroy Boulard, édile du XVIIe, est "en discussion" avec le candidat macroniste selon La Lettre A, et l'ex-filloniste Philippe Goujon (toujours LR) a exprimé dans Le Journal du Dimanche son désir de "s'affranchir des postures partisanes nationales".

Ce faisant, ils courent tous le risque de devoir affronter un candidat LR dans leur fief, et donc de perdre celui-ci. De quoi perpétuer la désunion de la droite parisienne, privée de commandes au sein de la mairie de Paris depuis bientôt 20 ans.

Jules Pecnard