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Municipales à Nice: Ciotti jette l'éponge, Estrosi a le champ libre

Christian Estrosi et Eric Ciotti lors de la campagne pour les élections régionales en PACA, en décembre 2015 - VALERY HACHE / AFP

Christian Estrosi et Eric Ciotti lors de la campagne pour les élections régionales en PACA, en décembre 2015 - VALERY HACHE / AFP - -

Selon une information de RTL confirmée auprès de BFMTV.com, le patron de la fédération Les Républicains des Alpes-Maritimes a renoncé à se présenter face au maire sortant de Nice, qui bénéficie de sondages flatteurs.

Il a fallu se rendre à l'évidence. Depuis la parution d'un sondage Ipsos pour France Bleu Azur à la mi-octobre, Eric Ciotti n'a rien fait pour démentir l'apaisement de ses relations politiques avec Christian Estrosi. À tel point que, selon une information de RTL confirmée auprès de BFMTV.com, le patron de la fédération Les Républicains des Alpes-Maritimes a décidé de renoncer à se présenter aux prochaines élections municipales à Nice. 

"Je pense que le sondage d'octobre a beaucoup joué. À deux, ils font plus de 50%! Estrosi peut être élu dès le premier tour. Si Ciotti y allait, il fallait qu'il plane", constate cliniquement une cadre du parti. Et de parier que la décision du député des Alpes-Maritimes n'aurait pas été la même si les résultats de ladite enquête - qui plaçait Eric Ciotti à 24% d'intentions de vote et Christian Estrosi à 38% - avaient été inversés. 

"Inutile de prendre des risques"

À la direction de LR, où l'on tient à faire de ces élections municipales un symbole de la résilience du parti, le choix de Ciotti rassure. Le nouveau président, Christian Jacob, s'est assigné pour mission de préserver les grands bastions de la droite, notamment en pacifiant les luttes internes, comme par exemple à Marseille. 

"Inutile de prendre des risques. Et puis je le sentais, depuis plusieurs semaines il nous parlait de moins en moins de Nice... Cet été, chacun montrait un peu ses muscles, ses forces militantes, mais les choses se sont calmées. Et puis Ciotti dirige la commission d'investiture (CNI) de LR, il a une vision d'ensemble du maillage d'élus qu'on a besoin de préserver", décrypte la même source.

Pour Pierre-Henri Dumont, député LR du Pas-de-Calais et secrétaire général adjoint du parti en charge de la rénovation, "Eric Ciotti a avant tout fait le choix du collectif". 

"Il est président de la CNI, il est haut placé dans le parti, il a une responsabilité particulière concernant les villes gagnables pour LR. C'est une décision courageuse, qui n'a sans doute pas été facile pour lui, mais qui permet d'œuvrer au rassemblement le plus large possible. Je pense par ailleurs qu'il a toujours des choses à dire sur Nice et sur son avenir", développe l'élu auprès de BFMTV.com.

Prise de distance décisive d'Estrosi avec LaREM

Cela faisait pourtant des années que le match de ces deux frères ennemis de la droite était au programme. Comme un choc inévitable, après des années de proximité et d'entraide, suivies de bisbilles de plus en plus tenaces durant la présidence de Nicolas Sarkozy et, surtout, à l'issue des sénatoriales de 2014.

Depuis l'élection d'Emmanuel Macron, le maire de Nice a oscillé entre tentation de l'alliance (et donc d'éloignement de LR) et désir d'indépendance vis-à-vis des marcheurs. Un entre-deux qu'Eric Ciotti n'a eu de cesse de dénoncer, parfois brutalement. La prise de distance de Christian Estrosi avec LaREM semble l'avoir rassuré. Et surtout permis de rendre les armes de manière apaisée. 

Jules Pecnard