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Départementales: la défaite de toutes les gauches

Martine Aubry, souvent critique envers Manuel Valls, n'a pu empêché la défaite des socialistes dans le Nord.

Martine Aubry, souvent critique envers Manuel Valls, n'a pu empêché la défaite des socialistes dans le Nord. - Lo Presti - AFP

Qu’ils soient frondeurs ou soutiens du gouvernement, les candidats socialistes ont, toutes tendances confondues, subi de plein fouet la sanction des urnes lors des élections départementales.

Au lendemain d’une sévère défaite aux élections départementales, la gauche s’est réveillée groggy ce lundi. Et à l’heure des comptes, chacun cherche le coupable idéal: l’exécutif regarde avec insistance du côté des frondeurs, voire de la gauche radicale et des écologistes, les accusant de s’être présentés en ordre dispersé au premier tour. Les intéressés, eux, préfèrent invoquer le rejet de la politique gouvernementale pour justifier la claque reçue. Sauf qu’à y regarder de plus près, les candidats de la majorité semblent bien avoir été sanctionnés pour leur étiquette, sans distinction.

En témoigne la perte symbolique du Nord, fief de Martine Aubry qui n'était elle-même pas candidate. En retrait de la scène politique nationale et donc moins exposée aux critiques qui s’abattent sur la politique gouvernementale, cette dernière n’aura pas réussi à sauver la puissante fédération nordiste de la noyade.

Comme un symbole, ces élections départementales auront vu tomber un autre bastion historiquement acquis à la cause des socialistes: les Bouches-du-Rhône de Jean-Noël Guerini n’ont pas résisté à la vague bleue, tombant aux mains de l’opposition pour la première fois depuis…1953. Autre fait marquant : la perte de la Corrèze, reprise à la droite en 2008 par un certain François Hollande.

Royal et Fabius perdent leur fief

Les autres ténors du PS ne sont pas mieux lotis. La Seine-Maritime, chère à Laurent Fabius, a changé de bord. Même sanction dans les Deux-Sèvres, sur les terres de Ségolène Royal.

Du côté des Côtes-d’Armor, la bascule est également historique puisque le département était dirigé par la gauche depuis 1976 et que son président Claudy Lebreton, qui ne se représentait pas, dirigeait l’Assemblée des départements de France.

Dans l’Essonne, c’est le frondeur Jérôme Guedj qui a fait les frais du mécontentement des électeurs. Preuve, s’il en était besoin, que s’opposer à la politique de Manuel Valls ne suffit pas. Le Premier ministre semble d’ailleurs l’avoir compris, puisqu’il a déjà fermé la porte à tout changement radical de politique, ainsi qu’à un remaniement d’ampleur. Quitte à emporter l’ensemble de la majorité dans sa chute.