BFMTV

Élections régionales: l'abstention au premier tour estimée à 67,5% (projection Elabe pour BFMTV)

Le premier tour des régionales et des départementales ce dimanche est marqué par une abstention en forte hausse, comme le montrent les projections dévoilées par notre institut Elabe. L'estimation du taux d'abstention est de 17 points supérieurs à ce qu'il était il y a six ans.

Ce dimanche de premier tour des régionales et des départementales est marqué par une forte abstention, selon les estimations de notre institut Elabe. Elles projettent en début de soirée une abstention s'élevant à 67,5%, un taux en progression par rapport au premier tour du scrutin de 2015 (l'abstention s'élevait alors à 50,09%), et à celui de 2010 (53,67%). Sur les coups de 17h, une première estimation pointait une abstention plus forte d'un point, à 68,5%.

Ainsi, à titre d'exemple, le fossé qui se dessine entre l'abstention de l'électorat à ces régionales au premier tour des précédentes est de plus de 17 points.

Comparable seulement au référendum de 2000

Cette première projection correspond à la plus faible participation depuis le référendum sur la réduction du mandat présidentiel à un quinquennat en septembre 2000. L'abstention avait alors été de 69,81%. "C’est une nouvelle expression d’une crise démocratique qu’on décrit souvent", a posé ce dimanche Philippe Corbé, chef de notre service politique. Notre journaliste a relevé que cette élection renvoyait pourtant un puissant écho de la présidentielle à venir:

"On est sur un effondrement de la participation démocratique. On est à moins d’un an de la présidentielle, et dans ce scrutin on a plusieurs personnalités qui pourraient y figurer et au-delà de tel ou tel candidat, des tentatives d’alliances ou de rapprochements qui vont peser cette année. C’est une alerte démocratique qui doit être prise en compte par tous les partis."

"Les électeurs ne se déplacent que quand ils se disent que leur vote compte"

Sur notre plateau, le constitutionnaliste et professeur en droit public à l'Université de Lille, Jean-Philippe Derosier, a analysé ce dimanche:

"Il y a parfois un peu trop de condescendance envers ces électeurs qui ne s’expriment pas, en disant : ‘ils n’ont pas exercé leur droit de vote, c’est tant pis pour eux’. Or, vu l’ampleur que ça prend, la façon dont ça s’implante dans notre société démocratique, il faut les écouter. (…) Les électeurs ne se déplacent qu’à partir du moment où ils ont le sentiment que leur vote compte."
Robin Verner
Robin Verner Journaliste BFMTV