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Élection de Joe Biden: Marion Maréchal dénonce toujours des "fraudes", malgré l'absence de preuves

Invitée de BFMTV, la directrice de l'Issep a déploré le climat "extrêmement violent" qui subsiste aux États-Unis, sans juger que Donald Trump en soit davantage responsable que les démocrates.

Elle assure ne pas vouloir s'immiscer dans la "polémique" concernant l'élection présidentielle américaine de 2020. Invitée ce mercredi de BFMTV, à quelques heures de la prestation de serment de Joe Biden, Marion Maréchal a pourtant évoqué les soupçons nourris par Donald Trump au sujet de ce scrutin, dont il conteste toujours la régularité plus de deux mois après - malgré l'absence de preuves.

"Il y a eu des fraudes, c'est manifeste. Est-ce qu'elles ont été suffisantes pour remettre en cause l'élection, ça je ne suis pas en mesure de vous le dire et j'en sais rien", a affirmé la directrice de l'Issep.

Si Donald Trump a réussi à semer le doute auprès de ses partisans sur l'intégrité du scrutin de novembre - il "demeure incroyablement soutenu", rappelle Marion Maréchal -, il n'a jamais apporté la preuve de ces supposées fraudes. Les multiples plaintes déposées par ses alliés ont été balayées par les tribunaux américains ou abandonnées.

"Jusqu'au-boutisme" des démocrates

Si Marion Maréchal reconnaît que toutes les actions en justice lancées par l'équipe du président sortant ont été mises en échec, elle maintient ne pas savoir "dans quelle mesure ces fraudes ont joué ou pas".

"Il y a différents analystes selon les bords, (...) il y a des partis pris selon qu'ils soient soutiens ou pas, donc c'est vrai que c'est compliqué de se faire une idée précise de l'ampleur des fraudes", a-t-elle insisté.

Mais même dans le camp de Donald Trump, des voix ont émergé pour contester ces allégations, à l'instar de son ministre de la Justice, qui a estimé ne pas avoir "vu de fraude" suffisante pour changer le résultat de l'élection présidentielle.

"Qu'importe", a finalement balayé Marion Maréchal, Joe Biden est "aux affaires". Pointant du doigt "la crise très grave" que traversent les États-Unis, la nièce de Marine Le Pen juge qu'elle a été exacerbée par le "jusqu'au-boutisme" des démocrates, qui ont récemment permis d'enclencher une seconde procédure de destitution à l'endroit de Donald Trump, dans la foulée de l'invasion du Capitole par ses partisans.

"Est-ce que ce n'est pas encore une manière d'aggraver des fractures béantes là où le président qui arrive est déjà extrêmement fragilisé?", s'est-elle interrogée.

Pas d'incitation à la violence de Trump, selon elle

L'ancienne élue du Vaucluse, qui assure peu goûter le "style" Trump, le tient néanmoins peu responsable de ces fractures. En particulier lors des événements du 6 janvier, lorsque des soutiens du président sortant ont fait irruption au sein du Congrès américain dans le but, du moins pour la plupart d'entre eux, d'interrompre la certification des résultats de l'élection.

Pour Marion Maréchal, à aucun moment Donald Trump ne les a textuellement incités à agir de la sorte durant son allocution ce jour-là.

"Vous avez écouté le discours de Donald Trump ou pas? (...) Vous avez entendu dire, 'je veux que vous envahissiez le Capitole? (...) Il a appelé à faire une manifestation. (...) Dire, 'j'appelle à manifester', c'est une incitation à envahir le Capitole?", s'est-elle agacée.

Il est à noter que sa tante, la présidente du Rassemblement national, a pris ses distances avec Donald Trump - ou du moins ce qu'il incarne - au lendemain de cette invasion. Un événement durant lequel cinq personnes sont mortes et que le président, depuis la Maison Blanche, a mis quelques heures à contempler à la télévision avant d'exhorter ses partisans à rentrer chez eux.

"Comme tous les Français, je suis extrêmement choquée par ces images de violence. Je considère que dans une démocratie, on doit défendre le droit de contester, de manifester, mais pacifiquement. Tout acte de violence qui vise à attenter au processus démocratique est évidemment inadmissible", déclarait Marine Le Pen le 7 janvier après avoir été accusée de cautionner ces violences.
Jules Pecnard Journaliste BFMTV