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EDITO - Macron "carbure" pour sortir de la crise des "gilets jaunes"

Emmanuel Macron

Emmanuel Macron - GONZALO FUENTES / POOL / AFP

La semaine s'annonce difficile pour Emmanuel Macron qui pourra y voir un compte-à-rebours l'amenant à samedi et à la redoutée journée de blocage contre la hausse de la taxation sur le carburant. Nos éditorialistes Christophe Barbier et Laurent Neumann analysent ce lundi sur notre antenne les cartes que l'exécutif a toutefois dans sa manche.

Simple nid-de-poule ou la panne sèche? Emmanuel Macron et le gouvernement passent un test d'envergure ce samedi, redoutable pour leur présent et déterminant pour leur avenir: le mouvement des "gilets jaunes" s'est promis de bloquer le pays pour protester contre la hausse de la taxation sur le carburant. Mais, pour nos éditorialistes Christophe Barbier et Laurent Neumann, le sommet de l'Etat conserve encore quelques options pour se sortir de l'ornière. 

> Christophe Barbier: "Désamorcer ou délégitimer"

Macron peut-il enrayer complètement le mouvement? Non, ce mouvement aura lieu. Il peut tenter deux choses : le désamorcer, ou le délégitimer. Le désamorcer, c’est multiplier les annonces du type aide à la conversion, pression sur les distributeurs pour que le prix du carburant baisse un peu, histoire que la colère qui sera forte samedi prochain change un petit peu de nature, c’est-à-dire que les gens ne bloquent pas les rues, ne bloquent pas l’accès aux villes mais se contentent de mettre leur gilet jaune sur le tableau de bord, en d’autres termes un mouvement de protestation mais pas un mouvement de blocage.
Et délégitimer, c’est dire que son mouvement en son tréfonds nuit à l’avenir, aux générations futures et que donc c’est un mauvais combat. Et délégitimer c’est aussi délégitimer ceux qui le soutiennent, expliquer que tous les candidats à la présidentielle 2017 étaient pour une transition écologique un peu forte, un peu contrainte et qu’aujourd’hui il n’y a pas un meeting de Jean-Luc Mélenchon qui ne s’ouvre sans un grand chapitre écolo glorieux. Comment peut-il soutenir ceux qui veulent rouler plus et moins cher ? Benoît Hamon a fait alliance avec Yannick Jadot à la présidentielle, soutiendra-t-il qu’il faut se mobiliser pour le carburant, contre les mesures du gouvernement ?
C’est ça que le gouvernement pourrait mettre en avant dans la semaine qui vient.

Laurent Neumann: "On carbure, on phosphore" 

Deux mauvaises méthodes: attendre une hypothétique baisse des cours. Ce serait stupide et aléatoire. Deuxième mauvaise méthode, reculer. Renoncer aux hausses sur le carburant pour le budget 2019. Il n’en pas question, on ne veut pas revivre le scénario de l’écotaxe où on avait fait marche arrière face aux bonnets rouges.
Alors qu’est-ce qu’on fait? On carbure, on phosphore, on imagine des mesures. Il y avait une réunion hier à Matignon pendant qu’Emmanuel Macron était lui au Forum de la Paix. Il y a encore une réunion aujourd’hui avec les ministres Le Maire, Darmanin et Rugy. De quoi va-t-on parler? De toute une série de mesures d’accompagnement : extension de la prime à la conversion, du chèque-énergie, défiscalisation des aides. Et même les ONG, c’est-à-dire les plus vertes parmi les écologistes disent au gouvernement : ‘Oui, vous devez aider ceux qui n’ont pas d’autre choix que de prendre leur voiture’. Tiens, c’est exactement ce que disent les gilets jaunes en l’occurrence.
R.V.