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DSK: "Si Macron saisit sa chance, il peut faire beaucoup" pour le pays

L'ancien directeur du FMI a évoqué la politique du président de la République et l'avenir du PS en marge d'un sommet organisé à Marrakech, où il vit désormais.

Il y a un mois, il donnait un discours lors d'une cérémonie d'hommage à l'ancienne ministre Nicole Bricq, dans lequel beaucoup ont vu un message politique à l'adresse du président de la République. "Les valeurs de gauche et les valeurs de droite ne sont pas les mêmes", lançait Dominique Strauss-Kahn au Conseil économique, social et environnemental, devant François Hollande et son prédécesseur.

Ce soir-là, le nom d'Emmanuel Macron n'a pas été prononcé. Et d'après ce dernier, aucun "message" ne lui a été adressé. Comme le rapportait son entourage quelques jours plus tard, le président a considéré que beaucoup d'observateurs avaient "mal saisi le sens profond du discours". Mais ce samedi, point d'ambiguïté.

"Si Macron saisit sa chance..."

En marge de son apparition à la World policy conference de Marrakech, où il est venu écouter Hubert Védrine, Dominique Strauss-Kahn a évoqué le président de la République lors d'une interview avec un journaliste anglophone.

"Macron n’est ni gauche ni droite, je voudrais qu’il soit et gauche et droite", a-t-il lancé, dans des propos qui font écho à ceux tenus un mois auparavant.
"Je crois que la gauche et la droite, ça continue d’exister, que on peut appeler cela comme on veut, dans les pays démocratiques il y a des forces conservatrices et des forces plus progressistes", a-t-il poursuivi.

Même s'il n'est pas sur la même ligne que le président, qui considère que le clivage gauche-droite est dépassé, DSK s'est cependant montré optimiste envers la voie empruntée par Emmanuel Macron.

"Je crois que c’est une bonne chose que par moment, parce que c’est l’intérêt du pays, comme le fait Emmanuel Macron, les deux puissent travailler ensemble. Je crois que c’est la période des grandes transformations, et que si Emmanuel macron saisit bien sa chance, il peut faire en 5 ans beaucoup de changements en France qui n’ont pas existé pendant les 30 dernières années", a-t-il déclaré dans cet entretien relayé par le JDD ce samedi.

"Il est temps que le PS disparaisse"

Interrogé également sur l'avenir du PS, Dominique Strauss-Kahn a dressé un constat beaucoup plus sombre, estimant que le parti n'avait pas d'avenir et que c'était "une bonne chose", car le temps est venu "de renouveler le centre-gauche français".

"L’élection d’Emmanuel Macron a créé une sorte de tremblement de terre dans la politique française et ce parti qui est le mien - je le dis avec un peu de tristesse mais c’est comme ça - n’a pas su accompagner la mondialisation, se transformer quand le monde se transformait. Et donc il est temps qu’il disparaisse et qu’une autre force apparaisse", a estimé l'ancien directeur du FMI.

Charlie Vandekerkhove