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Didier Motchane, l'inventeur du poing et la rose symbole du PS, est mort

Didier Motchane, au premier plan.

Didier Motchane, au premier plan. - DOMINIQUE FAGET / AFP

Il a été un cadre du Parti socialiste, un artisan du congrès d'Epinay et le concepteur du logo du mouvement: une rose dans un poing serré. Didier Motchane est mort ce dimanche, à 86 ans, annonce Le Monde.

Didier Motchane est mort ce dimanche d'un cancer, a signalé Le Monde sur son site internet. Les 86 ans de son existence ont été riches en actions politiques. Enarque et magistrat à la cour des comptes, il s'était engagé à gauche, en compagnie de son ami Jean-Pierre Chevènement. Ensemble, ils ont fondé le CERES, le Centre d’études, de recherches et d’éducation socialiste. C'est encore ensemble qu'au début des années 90, ils ont créé le Mouvement des citoyens, après avoir quitté le Parti socialiste dont ils ne voulaient pas cautionner le soutien à la guerre du Golfe. 

Avant cela, Didier Motchane a été pendant dix ans, de 1979 à 1989, député européen. Il a également été l'un des artisans du congrès d'Epinay, en 1971, qui a permis de redessiner la gauche française. Mais le legs principal de ce fondateur de multiples revues tient sans doute du symbole. C'est en effet lui qui est à l'origine du logo utilisé par le Parti socialiste et ses semblables à travers le monde: la rose dans un poing serré. 

L'émotion de Jean-Pierre Chevènement 

"Didier Motchane était une figure exceptionnelle. Sa disparition coïncide avec la fin du cycle d'Epinay. Il avait été avec Georges Sarre, Pierre Guidoni et moi-même l'un des fondateurs du Cérès au mitan des années 1960", a déclaré Jean-Pierre Chevènement, saluant "son intelligence supérieure, sa vaste culture et son caractère", qui le plaçaient "très au-dessus de la grisaille de la petite politique". "Depuis plus de cinquante ans, il a été, à mes côtés, une conscience exigente et fidèle (...) Toute sa vie, Didier Motchane a été un bloc de courage, un homme magnifique et une grande âme, qui a affronté la mort comme il avait mené sa vie, sans ciller", a encore souligné Jean-Pierre Chevènement.

"Les socialistes ont perdu l'un des leurs qui, jusqu'en 1993, contribua par l'exigence de sa pensée à la construction du PS", a par ailleurs rendu hommage dans un communiqué le Parti socialiste.

Robin Verner, avec AFP