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"Détail de l'histoire": sursis et inéligibilité pour une ex-élue RN ayant repris les propos de Jean-Marie Le Pen sur Facebook

Tribune d'un meeting Rassemblement National en 2018 (illustration)

Tribune d'un meeting Rassemblement National en 2018 (illustration) - Jean-philippe Ksiazek / AFP

Catherine Lesné, ancienne conseillère municipale de la ville d'Agen, a été condamnée ce mercredi à 2 mois de prison avec sursis, cinq ans d'inégibilité et 15.000 euros de dommages et intérêts, pour des propos négationnistes tenus sur Facebook en 2018. Elle avait repris les propos de Jean-Marie Le Pen qualifiant les chambres à gaz de "détail de l'Histoire".

Une ex-élue du Rassemblement national (RN), Catherine Lesné, a été condamnée ce mercredi par le tribunal d'Agen à 2 mois de prison avec sursis et cinq ans inéligibilité pour avoir tenu des propos négationnistes sur les réseaux sociaux.

Cette ancienne conseillère municipale d'Agen avait comparu le 11 septembre devant le tribunal correctionnel pour contestation de l'existence de crime contre l'humanité, et provocation publique à la haine raciale par voie électronique. Le parquet avait requis à son encontre quatre mois d'emprisonnement avec sursis et trois ans inéligibilité.

15.000 euros de dommages et intérêts aux associations anti-racisme

L'ex-élue a également été condamnée à verser des dommages et intérêts aux parties civiles, soit 5.000 euros chacun aux antennes locales de la Maison des Potes et de la Licra, ainsi que 10.000 euros pour la Licra et la Fédération nationale des Maisons des Potes. Le tribunal d'Agen a ordonné la publication du jugement dans les quotidiens Le Monde, Le Figaro et Sud-Ouest.

Me Laurent Bruneau, avocat des associations anti-racisme, a salué "une très bonne décision".

"C'est l'une des premières fois qu'on a la condamnation de quelqu'un qui a tenu de tels propos sur Facebook (...) Même quand on est en réseau privé, on ne peut pas tenir de tels propos négationnistes", a-t-il affirmé.

Le "détail de l'histoire" de Jean-Marie Le Pen

Fin septembre 2018, l'élue avait repris à son compte d'anciens propos de l'ancien président du Front National Jean-Marie Le Pen sur les chambres à gaz en tant que "détail de l'Histoire" dans un message sur Facebook publié par le quotidien Sud-Ouest.

"Cela commence a être lassant de toujours tirer sur les mêmes. Malheureusement les immigrés couvrent 90% des faits divers... Tout comme les chambres à gaz ont été un détail de l'histoire car effectivement la guerre n'a pas été que ça", avait-elle écrit.

Ce message avait entraîné une condamnation unanime des élus municipaux de la ville d'Agen et son "exclusion de fait" du RN. Les mois suivants, Catherine Lesné avait présenté ses excuses, démissionné de sa fonction élective et déménagé. A la barre, elle avait évoqué une "maladresse d'expression", assurant qu'elle ne niait "nullement l'existence des chambres à gaz".

"C'est parce qu'on ramène toujours Jean-Marie Le Pen à ces faits et c'est assez réducteur. Ça été un coup de sang que j'ai eu et que j'aurais mieux fait de garder pour moi", avait-elle justifié.
J. G. avec AFP