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Bayrou : « Des millions de français ne sont pas représentés »

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François Bayrou, président du Modem, a pointé les défauts de la réforme des institutions et regretté l’absence de proportionnelle.

Le président du Modem François Bayrou a dénoncé les futurs blocages induits par la réforme des institutions et réclamé une dose de proportionnelle : « Une des raisons pour lesquelles j'ai voté contre ce texte, c'est qu'il contient des pièges pour nos institutions, qui se révèleront au fur et à mesure que nous avancerons. Le piège principal selon moi, on le découvrira le jour où Sénat et gouvernement ne seront pas du même bord. Or, en fonction du mode électoral du Sénat, comme vous le savez il est à peu près fatale que dans les années qui viennent Sénat et gouvernement ne soient pas du même bord ».

« Ce jour-là, il y aura des germes de blocage très important dans nos institutions et, je crois que beaucoup de gens le savent, on en découvrira le caractère pernicieux lorsque ces choses se révèleront. A court terme, il ne se passera rien, mais à long terme il y a des risques de blocage. Le Président de la République va avoir ce pouvoir, que j'ai toujours considéré comme secondaire, de pouvoir s'exprimer devant les députés et les sénateurs réunis en Congrès à Versailles. Ca sera un show de plus mais ça ne changera pas et je ne me suis pas opposé à ce point de la réforme ».

« Mais il y a des millions de français qui ne sont pas représentés comme ils devraient l'être. Je prends un exemple très bête : vous êtes de gauche à Neuilly, votre voix ne sert jamais à rien. Vous êtes de droite ou du centre à Saint-Denis, votre voix ne sert jamais à rien. Pourquoi est-ce que ces citoyens là n'ont pas le droit d'être représentés dans la démocratie française ? Qu'est-ce qui justifie que le fait que vous soyez dans une zone acquise à l'autre camp rende votre voix inutile ? Vous vous rendez bien compte que ça ne va pas ».

« Moi j'aurais mis un contingent raisonnable, j'avais proposé 10% de sièges qui représentent tous les courants des partis politiques français. La voix du neuilléen de gauche serait prise en compte, la voix des minoritaires serait prise en compte ».

La rédaction-Bourdin & Co