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Assemblée nationale: les 5 favoris pour le "perchoir" passés au crible

Le "perchoir", siège du président de l'Assemblée nationale.

Le "perchoir", siège du président de l'Assemblée nationale. - THOMAS COEX / AFP

Au sortir des législatives, la question de la présidence de l'Assemblée se posera immédiatement. Cinq personnalités se détachent parmi les pronostics des observateurs. Chacune présenterait bien sûr des avantages pour occuper ces fonctions, comme des inconvénients.

Dimanche soir prochain, la composition de l'Assemblée nationale, les rapports de forces qui la sous-tendront pendant cinq ans (sauf dissolution), seront connues. Viendra alors l'heure de décider des titulaires des présidences de groupes mais aussi et surtout de la personne qui pourra s'asseoir sur le "perchoir", et poser ses valises à l'Hôtel de Lassay. 

Parmi les observateurs, on estime qu'Emmanuel Macron aimerait placer une femme dans cette fonction qu'aucune d'entre elle n'a jusqu'ici occupée, lui qui avait dit il y a quelques mois qu'il envisageait de placer une femme à Matignon. Les noms de trois candidates aux législatives, et députées sortantes, reviennent fréquemment. Derrière elles, deux hommes ne paraissent pas hors-course pour autant.

Barbara Pompili: d'une présidence à l'autre? 

Barbara Pompili a pour elle de bien connaître l'institution du Palais-Bourbon. Elue députée dans la 2e circonscription de la Somme en 2012, elle a pris les rênes, avec François de Rugy d'abord, puis avec Cécile Duflot, de la présidence du groupe écologiste. Elle connaît aussi les rouages de l'exécutif puisqu'elle a été nommée, en 2016, secrétaire d'Etat à la Biodiversité, une nomination gouvernementale qui a provoqué du même coup son éloignement de l'Assemblée nationale. Et ses chances d'être réélue, condition sine qua non bien sûr, sont bonnes: elle est arrivée en tête dans sa circonscription avec 40,70% des suffrages exprimés.

Cependant, cette abondance biographique a son revers. Pourvue d'une expérience aussi bien parlementaire qu'exécutive au sein de la précédente majorité, elle cadrerait mal avec le rafraîchissement du personnel politique vanté par "En Marche!".

Laure de La Raudière: pressentie en difficulté

Laure de La Raudière est députée sortante élue dans la troisième circonscription d'Eure-et-Loire. Cette expérience peut-être mise à son crédit. La nouvelle direction du pays peut aussi apprécier sa proximité avec le nouveau ministre de l'Economie, Bruno Le Maire.

Problème: elle n'est pas assurée de retrouver les travées de l'Hémicycle pour une troisième fois consécutive. Dans sa 3e circonscription d'Eure-et-Loire, elle a été devancée ce dimanche par un candidat radical de gauche (31,16% contre 30,82%). 

Brigitte Bourguignon: une ancienne socialiste dans les pronostics 

Brigitte Bourguignon, quant à elle, n'a pas ces soucis. Celle qui est citée comme une candidate crédible au "perchoir" par le JDD est en bonne position pour regagner son siège. Dans la 6e circonscription du Pas-de-Calais, elle a dominé les débats au premier tour en réunissant sur son nom 41,94% des voix, loin devant la candidate frontiste pointée à 22,69%. 

Avant d'être propulsée candidate "La République en marche", elle était encartée au Parti socialiste. Elle y a même exercé la charge de secrétaire nationale du Sport.

François de Rugy: la carte de l'expérience

On connaît l'histoire. Candidat à la primaire à gauche, François de Rugy avait promis d'en soutenir le vainqueur. Une poignée de semaines plus tard, il annonçait qu'il s'engageait derrière Emmanuel Macron. Auparavant, il était député écologiste élu dans la 1ère circonscription de Loire-Atlantique (où, avec 45,34% des suffrages au premier tour, il semble appelé à une réélection tranquille) et avait co-présidé le groupe écologiste. Il était ensuite devenu vice-président de l'Assemblée nationale.

François de Rugy a deux handicaps principaux. Tout d'abord, les femmes apparaissent en première ligne pour le poste et puis, comme sa consoeur Barbara Pompili, la longueur de son cursus pourrait éventuellement se retourner contre lui.

Thierry Solère: la tentation de dégarnir la droite

Dans sa 9e circonscription des Hauts-de-Seine, Thierry Solère (candidat "Les Républicains") est très bien parti: il a atteint le score de 42,6% ce dimanche. Il faut dire qu'il n'avait pas de concurrent estampillé "LREM" en face de lui, signe qu'il est choyé par la formation d'Emmanuel Macron. 

Figure bien connue de la droite, sa nomination accentuerait le processus de désunion de la droite initié depuis quelques semaines. Cependant, après avoir placé des personnalités comme Gérald Darmanin et Bruno Le Maire au sein du gouvernement, et d'en avoir confié la direction à Edouard Philippe, le débauchage d'un autre baron de la droite pourrait faire grincer des dents. 

Robin Verner