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Alain Finkielkraut répond à "Nuit Debout"

Alain Finkielkraut le 10 avril 2014 devant les locaux de son éditeur, Stock.

Alain Finkielkraut le 10 avril 2014 devant les locaux de son éditeur, Stock. - François Guillot - AFP

Dans Le Figaro, le philosophe qualifie le mouvement "Nuit Debout" de "kermesse gauchiste sous cloche", dont "tout le monde se fout".

Deux jours après sa mésaventure survenue place de la République à Paris, Alain Finkielkraut livre sa version des faits. Le philosophe, chassé samedi soir de la place investie par le mouvement "Nuit Debout", raconte dans Le Figaro s’y être aventuré afin de "juger par (lui)-même".

Dans sa tribune, l’intellectuel raconte d'abord l'accueil mitigé qui lui est fait lors de son arrivée sur la place. Il écoute ensuite deux prises de parole de cinq minutes et déambule entre les stands, accompagné de son épouse. Puis selon son récit, un homme s'approche et leur conseille de "partir car il y avait des gens qui nous voulaient du mal". "Il m'a alors poussé avec violence", raconte Alain Finkielkraut, qui décrit ensuite "une petite foule grondante et menaçante" se formant autour de lui.

"Des gens du service d'ordre se sont approchés et nous ont dit que nous devions partir, que pour notre sécurité il nous fallait quitter immédiatement les lieux", écrit-il.

Escorté sous les cris, le philosophe tente de répondre et affirme se faire "cracher au visage" par l’homme qui l’avait bousculé auparavant. 

"Nuit Debout, ça ne prend pas"

Alain Finkielkraut fustige une communauté qui "élimine toute pensée divergente". "On est entre soi à Nuit Debout (…) Ceux qui s’enorgueillissent de revitaliser la démocratie réinventent, dans l’innocence de l’oubli, le totalitarisme". Mais surtout, "ça ne prend pas". "Dans les rues qui longent la place, la vie continue comme si de rien n'était", écrit-il, qualifiant "Nuit Debout" de "kermesse gauchiste sous cloche" et de "bulle révolutionnaire lovée au milieu d’une ville complètement indifférente".

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"Tout le monde s’en fout, de ‘Nuit Debout’", poursuit Alain Finkielkraut, pour qui les médias "accordent une importance démesurée" au mouvement. Et de rappeler que le 11 janvier 2015, c'est sur la place de la République que fut brandie une banderole "Je suis Charlie, je suis juif, je suis la police, je suis la République". Et de conclure: "Ce je est le grand oublié des ateliers et des assemblées ‘populaires’". Pour le philosophe, "l'échec" de "Nuit Debout" est donc "une bonne nouvelle".

A. K.