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Affaire Benalla: sursis en vue pour l'exécutif avec les motions de censure

Ce mardi, l'affaire Benalla va agiter une nouvelle fois les bancs des deux chambres du Parlement. La commission des Lois du Sénat doit auditionner Christophe Castaner tandis que l'Assemblée nationale débattra de deux motions de censure. Mais, celles-ci n'ayant aucune chance d'aboutir, l'exécutif semble n'avoir jamais été aussi près d'une sortie de crise. Le gouvernement et l'Elysée sont-ils vraiment sur le point de se tirer d'affaire?

Ce mardi matin, le secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement, et délégué général de La République en marche, Christophe Castaner, convoqué dans le cadre d'une audition, subira les questions des membres de la commission des Lois du Sénat. A l'Assemblée nationale, deux motions de censure, l'une présentée par le groupe Les Républicains, la seconde portée par la gauche unie (Communistes, France insoumises et Nouvelle gauche), s'abattront sur le gouvernement. La journée de l'exécutif sera donc encore une fois marquée par une affaire Benalla qui l'a tant gêné depuis deux semaines. Toutefois, ces deux rendez-vous semblent davantage tenir de la queue de comète que de l'incendie politique. 

Alerter Macron

Ce lundi soir, sur notre plateau, le député Les Républicains, Damien Abad, élu dans l'Ain, a détaillé les motifs sur lesquels se fondait la motion de censure élaborée par son groupe. "On le fait pour deux raisons: mettre tout d’abord le gouvernement devant ses responsabilités. (...) Aujourd’hui, on a eu un Premier ministre absent sur cette affaire, un ministre de l’Intérieur qui a très peu répondu aux questions, également le ministre des Relations avec le Parlement, qui sera auditionné au Sénat, demain." Il a ensuite livré le second argument de sa famille politique: "Il s’agit aussi d’alerter le président de la République, en lui disant: ‘La France, c’est une République des pouvoirs et des contre-pouvoirs. Vous ne pouvez pas mettre les institutions par terre.’"

Le ton est offensif, le moyen employé tout autant. Pourtant, un constat s'impose prouvant que le gouvernement n'a pas à craindre d'être renversé par cette motion de censure. Comme Damien Abad en a lui-même convenu, ce texte n'a en effet aucune chance d'aboutir.

D'autant que les positions sont assez partagées sur l'intérêt d'apporter son soutien à la motion déposée par le camp d'en face.

"Actionner cette procédure" 

André Chassaigne, député communiste élu dans le Puy-de-Dôme, a été quant à lui désigné comme l'orateur ayant la charge de défendre la motion de censure présentée par la gauche. Sur notre plateau ce même lundi soir, s'il a justifié l'opportunité de motions de censure, il n'a pas fait semblant de croire qu'à l'issue de la séance Edouard Philippe perdrait les commandes:

"Il faut les présenter car il y a une responsabilité du Premier ministre devant la représentation nationale. Il doit donc venir pour répondre aux interrogations qui se posent. Jusqu’ici le gouvernement a refusé de s’expliquer. Il a donc fallu actionner cette procédure pour faire venir le Premier ministre et permettre à tous les groupes de s’exprimer."

"Pas un point final" 

Une simple explication gouvernementale, sur fond de motions de censure rejetées, et voilà l'exécutif libéré de ses embarras de juillet, peu avant le commencement des vacances parlementaires, et l'opposition renvoyée dans ses buts au terme d'une séquence qui l'aura vu faire trembler l'Elysée et Matignon pour la première fois?

Editorialiste politique de BFMTV, Christophe Barbier ne voit pas les choses de cet œil. "Les commissions d’enquête vont continuer, notamment au Sénat. L’instruction du juge va continuer, ça ne mettra pas un point final", a-t-il jugé lundi soir. 

Et selon lui, si le sommet de l'Etat ne fait pas le nécessaire, l'exécutif pourrait traîner sa peine jusqu'au cœur de l'année 2019: "Il faut un remaniement intérieur au Château, que le cabinet ne se réforme pas uniquement techniquement, mais aussi les responsables, ils sont fatigués, et il faut un remaniement ministériel, à mon avis avant l’automne, sinon ce gouvernement va vivre une année très difficile jusqu’à la sanction des Européennes."

Robin Verner