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Abandon de la déchéance de nationalité: la presse étrille François Hollande

"Gâchis", "fiasco", "Waterloo". Définitivement abandonné, le projet de loi portant la déchéance de nationalité "pour tous" continue de susciter la colère. La presse française juge sévèrement l'attitude du chef de l'Etat, "déchu de son autorité".

La presse de jeudi étrille François Hollande, comparant son "fiasco" sur la révision constitutionnelle à un "Waterloo politique", sans pour autant absoudre l'opposition de toute responsabilité. Alors que l'exécutif vient d'abandonner définitivement le projet de révision constitutionnelle qui devait inscrire la déchéance de nationalité dans le texte fondateur, l'Elysée est sous le feu des critiques.

De toute part, le président François Hollande est vertement critiqué pour ce revirement. Ceux qui rejetait le projet pleurent le temps et l'énergie perdus, les autres regrettent un manque de fermeté face au pouvoir législatif.

Un abandon regretté

Au lendemain de l'annonce de cet abandon, Le Figaro tire à boulets rouges sur l'exécutif. "Le premier - et principal - coupable est évidemment à chercher à l'Élysée" écrit le quotidien. Avant d'ajouter à l'intention de ceux du camp d'en face:

"Les Républicains devraient s'abstenir de triompher trop bruyamment. Car il est à craindre que l'opinion publique mette dans le même sac tous ceux qui ont applaudi le discours du 16 novembre à Versailles - la gauche et la droite réunies - puis qui ont mis quatre mois pour gâcher ce rare moment d'unité nationale".

Une charge résumée par un titre évocateur, "Déchéance d'autorité". Un manque d'autorité critiqué par tous les quotidiens français, même si certains se réjouissent de l'abandon de la mesure.

Un gâchis de temps et de moyens

De leur côté, Libération et l'Humanité ne pleureront pas la déchéance. Libération comparant la séquence politique qui s'achève à "un désastre". 

"Il y avait dans ce pari trop d'arrière-pensées et de calculs. Des non-dits présidentiels ne pouvaient sortir que de la confusion, du trouble et de la colère. Le jeu de la droite a été tout aussi désolant. Le secret espoir de faire chuter François Hollande l'a finalement emporté sur toute autre considération" estime le quotidien. 

Même son de cloche chez l'Humanité qui salue la fin d'une "sinistre comédie". Le journal, qui a toujours marqué son opposition ferme à ce projet, regrette "les dégâts semés", et un projet qui "a alimenté une surenchère sécuritaire, stigmatisé une partie de la population" et "réduit l'espace du judiciaire au profit de la police". 

L'échec de François Hollande est enfin résumé en quelques phrases par La Voix du Nord dans son édito du jour. Le journal, tout en rappelant l'embellie post-attentats de la popularité du Président, note que tout le crédit de la gestion de la crise terroriste est désormais évanoui, perdu sur la route du Congrès de Versailles.

"Le président sort de cet épisode encore plus affaibli alors que sa gestion des attentats du 13 Novembre lui avait fait un temps retrouver un certain crédit chez ses compatriotes. Finalement, vouloir retourner à Versailles n'était pas une si bonne idée pour un monarque républicain surtout quand la révolution gronde dans ses rangs." Le Courrier picard note que "de demi-victoires en défaites à chaque projet important, le chemin présidentiel tourne à la déroute". Pour Le Midi Libre cet épisode "restera gravé comme un énorme raté". Enfin, L'Alsace résume l'opinion générale: "tout ça, pour ça !" et y voit un "Waterloo politique".

la rédaction avec AFP