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2017: la gauche du PS sévère avec la candidature de Manuel Valls

Manuel Valls annonce sa candidature à la primaire de la gauche pour la présidentielle de 2017, lundi 5 décembre 2016.

Manuel Valls annonce sa candidature à la primaire de la gauche pour la présidentielle de 2017, lundi 5 décembre 2016. - Bertrand Guay - AFP

Manuel Valls, candidat tout juste déclaré à la primaire du PS, veut rassembler son camp. Mais la démarche du Premier ministre, qui avait théorisé l'existence de deux gauches "irréconciliables", ne passe pas auprès de plusieurs personnalités du parti.

Officiellement candidat à la présidentielle ce lundi soir, quatre jours après le renoncement de François Hollande, Manuel Valls s'est fixé un seul mot d'ordre: rassembler. "Ma candidature est celle de la conciliation, elle est celle de la réconciliation. Je pose donc ce premier acte pour l'unité. Parce qu'aujourd'hui, j'ai une responsabilité, rassembler", a déclaré lundi à Evry le Premier ministre, qui démissionnera de Matignon mardi, en annonçant sa candidature à l'Elysée.

Le candidat Manuel Valls en a d'ailleurs fait son slogan. "Faire gagner tout ce qui nous rassemble", pouvait-on lire sur son pupitre. Pourtant, pour celui qui avait théorisé l'existence de deux gauches "irréconciliables", la tâche s'annonce pour le moins ardue d'ici au premier tour de la primaire organisée par le PS les 22 et 29 janvier.

Montebourg tacle "un discours d'opposant à sa propre politique"

Très vite après l'allocution du Premier ministre dans son fief d'Evry, Arnaud Montebourg, premier candidat à la primaire à gauche à avoir déposé ses parrainages jeudi, s'en est pris au bilan du chef du gouvernement.

"Manuel Valls, candidat, a prononcé un discours d'opposant à sa propre politique", a dénoncé l'ex-ministre, qui apparaît comme le principal rival de Manuel Valls dans ce scrutin. "Il a prétendu renouer avec le dialogue social, il a fait la loi travail. Il a prétendu respecter la démocratie, il a gouverné avec des 49-3. Il explique vouloir unifier les gauches, il les a divisées avec la déchéance de nationalité. Il est maintenant le premier défenseur de l'unité de la gauche alors qu'il a théorisé les gauches irréconciliables. Quel est donc le Manuel Valls qui s'est exprimé ce soir? Celui qui gouverne ou celui qui candidate?", a-t-il interrogé.

Jeudi, apprenant le retrait de François Hollande, Benoît Hamon s'en était déjà pris à Manuel Valls. "Il a fracturé la gauche", a-t-il asséné, mettant en garde: "Avec le président, le débat aurait été plus rond. Là, ça va être moins feutré. On va entendre les impacts sur le bord de la touche."

Gérard Filoche, membre du Bureau national du Parti socialiste, qui se "bagarre" pour réunir les parrainages requis, a lui aussi eu des mots durs envers lui lundi soir:

"On dirait un commercial qui avait de la mauvaise marchandise jusque là, qui pense qu'il va nous en présenter de la bonne et qui veut nous racheter", a-t-il attaqué. "Cette mise en scène, les mots, le calcul, comment les communicants sont passés par là. C'est à gerber."

Le soutien de Martine Aubry "pas évident"

Mais au-delà des candidats déclarés à la primaire de la gauche, le bientôt ex-locataire de Matignon aura du mal à mettre le PS en ordre de marche derrière lui. Surtout l'aile gauche, qui ne s'est pas privée de faire entendre sa petite musique tout au long du quinquennat.

Martine Aubry a ainsi déclaré dans l'après-midi qu'il n'était "pas évident" qu'elle soutienne la candidature de Manuel Valls à la primaire à gauche. "Je serai présente pour soutenir un candidat qui représente le cœur des valeurs du Parti socialiste", a déclaré la maire de Lille.

Reste aussi le silence des hollandais, signe de l'hésitation des proches du chef de l'Etat à se ranger derrière Manuel Valls après l'annonce de sa candidature.

Violette Robinet