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Voiture de police à Paris: des peines de 1 à 7 ans de prison prononcées

La voiture de police incendiée en mai 2016 quai de Valmy à Paris.

La voiture de police incendiée en mai 2016 quai de Valmy à Paris. - AFP

Sept personnes ont été reconnues coupable d'avoir participer aux violences et à l'incendie d'une voiture de police en mai 2016 à Paris.

Le procès en septembre dernier s'était déroulé dans une atmosphère lourde de tensions. La lecture du jugement dans l'affaire dite de la voiture de police incendiée à Paris s'est faite dans la même ambiance alors que de nombreux policiers et gendarmes ont été déployés ce mercredi matin aux alentours du tribunal de Paris. Le président de la 16e chambre du tribunal de Paris a condamné des "faits d'une extrême gravité" parlant de "scène de guérilla urbaine". 

La peine la plus lourde a été prononcée à l'encontre de Joachim Landwehr. Réfugié en Suisse, l'homme, absent lors du procès, a été condamné à 7 ans de prison. "Il aurait pu blesser ou tuer les deux policiers", a rappelé le président du tribunal. Autre cas, celui le plus scruté de ce procès, Antonin Bernanos, étudiant en sociologie de 22 ans et militant "antifa" a été reconnu coupable d'avoir lancé un plot métallique sur la vitre arrière du véhicule de police. Il écope de 5 ans de prison, dont 3 ferme mais sans mandat de dépôt. Jugé en état de récidive, le tribunal a relevé son "absence de regrets" et a noté le risque de réitération.

"Nous considérons que ce jugement n’est pas totalement juridique et que les principes du droit n’ont pas été totalement respectés", dénonce Me Arié Alimi, l'avocat d'Antonin Bernanos, qui parle de "coloration politique" et dénonce la faiblesse des éléments à charge contre son client.

Deux relaxes

Le 18 mai 2016, en marge d'un rassemblement policier pour dénoncer la haine "anti-flics", une voiture de police avaient été incendiée quai de Valmy, à proximité de la place de la République à Paris. Tout l'enjeu de ce procès était de déterminer le rôle de chacun dans les faits. Un quadragénaire, ingénieur en informatique, prénommé Nicolas F., et désormais surnommé "l'homme à la barre de fer", avait reconnu les faits pendant la procédure. Il avait frappé, avec cette barre métallique, un policier qui pour se défendre avait réalisé des prises d'art martial. Cela lui avait valu le surnom de "Kung-fu Cop". Son agresseur a été condamné à 5 ans de prison dont la moitié avec sursis.

"Il a exprimé, et le tribunal a su l’entendre, ses vifs regrets", estime Me Antoine Vey, l'avocat de Nicolas F..

Quatre autres personnes ont été reconnues coupables pour ces violences avec des peines variables entre un à trois ans de prison. Deux autres ont été relaxées pour les faits de "participation à un groupement violent", dont le frère cadet d'Antonin Bernanos, Angel. "Il n’y a aucun élément objectif dans ce dossier qui permet de justifier ou d’avoir la conviction qu’Antonin Bernanos a participé aux faits, répète Me Jérémie Assous, l'avocat de l'étudiant de 22 ans, qui insiste lui-aussi sur le témoignage déterminant dans ce dossier.

"C’est ce même témoignage qui avait accusé Angel et Bryan", ironise Me Assous.

Lors de la procédure, un témoignage avait accéléré l'enquête et avait engendré les premières interpellations dans ce dossier. Il s'est révélé que ce témoignage anonyme, qui permettait d'identifier certains prévenus, émanait d'un policier en civil, membre du renseignement à la préfecture de police de Paris. A l'annonce du jugement, les forces de l'ordre ont évacué le palais de justice de Paris alors que des soutiens aux prévenus s'étaient rassemblés dans l'enceinte.

Justine Chevalier