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Viols filmés devant une discothèque à Toulouse: 7 à 10 ans de prison pour les auteurs

La balance de la Justice (illustration)

La balance de la Justice (illustration) - LOIC VENANCE / AFP

Des vidéos de l'agression avaient été diffusées sur les réseaux sociaux après les faits.

Quatre hommes ont été condamnés jeudi à des peines allant de 7 à 10 ans de prison pour le viol collectif d'une jeune femme de 19 ans sur le parking d'une boîte de nuit de Toulouse.

Des vidéos de l'agression avaient été diffusées sur les réseaux sociaux dans les heures qui avaient suivi, des curieux ayant filmé la scène avec leur téléphone portable.

Des preuves accablantes contre les quatre agresseurs, âgés de 19 à 25 ans au moment des faits, qui ont nié ou minimisé leur participation, tout au long du procès, devant la Cour criminelle de Haute-Garonne.

Une peine de 10 ans a été prononcée contre le jeune homme filmé en plein viol, de 9 ans contre ses deux amis confondus par des traces ADN sur les vêtements de leur victime. Le 4e accusé écope d'une peine de 7 ans, il s'était joint au groupe dans un second temps.

"Aucune peine ne pourra réparer le mal qui a été fait"

"Nous sommes satisfaits de la reconnaissance de culpabilité. Mais aucune peine ne pourra réparer le mal qui a été fait", a réagi l'avocate de la victime, Me Ravyn Issa.

Après quatre jours d'audience, le traumatisme reste entier pour la victime qui espérait entendre des regrets sincères, déplore son avocate.

"Les accusés n'ont prononcé que des balbutiements d'excuses d'opportunité, ils n'ont fait preuve d'aucune empathie, estime Me Issa. J'ai la douloureuse sensation que pour trois des quatre accusés, leur conception du consentement est unilatérale."

L'avocat général David Sénat avait requis jeudi des peines allant de neuf à 13 ans de prison contre les quatre accusés.

"Les images ont un peu neutralisé les débats, nous avons eu des preuves visuelles, ce qui est rare en matière de viol", selon une source proche du dossier.

De leur côté, les avocats de la défense, on essayé de minimiser la gravité des faits. "Une soirée qui dérape dans un contexte d'alcoolisation", pour Me Caroline Marty-Daudibertières. "La première relation était consentie", selon Me Robin Sénié-Delon.

"La reconstruction prendra beaucoup de temps"

Le viol collectif remonte au dimanche 16 septembre 2018, à l'aube, à l'issue d'une soirée très alcoolisée, à la vue d'autres clients de la discothèque. Lors de sa déposition face aux gendarmes, la jeune femme avait déclaré s'être sentie comme "un jouet, une marionnette au milieu d'enfants qui se disputent".

Les quatre accusés, en détention provisoire depuis leur interpellation en octobre 2018, resteront donc en prison.

Le procès s'est déroulé à huis clos à la demande de la victime, qui a quitté jeudi la salle d'audience, visiblement bouleversée.

"La reconstruction prendra beaucoup de temps, mais elle y arrivera, c'est une jeune femme forte, assure son avocate. Elle est venue affronter ses bourreaux, elle les a regardés et leur a dit 'vous ne m'avez pas détruite'. C'est le message qu'elle voulait faire passer à l'ensemble des victimes de viol, et que les victimes n'ont rien à se reprocher, jamais".
C.M. avec AFP