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Violences urbaines à Beauvais: deux des prévenus condamnés à de la prison ferme

Un immeuble du quartier de l'Argentine à Beauvais (Oise) où des échauffourées ont eu lieu, photographié le 5 mars 2021

Un immeuble du quartier de l'Argentine à Beauvais (Oise) où des échauffourées ont eu lieu, photographié le 5 mars 2021 - Ludovic MARIN © 2019 AFP

Deux individus ont été condamnés à 6 et 8 mois de prison ferme ce lundi après les violences urbaines survenues la semaine passée à Beauvais.

Deux hommes ont été condamnés lundi à huit et six mois de prison ferme, un autre à de la prison avec sursis et un quatrième relaxé, après les violences urbaines survenues du 1er au 3 mars dans deux cités HLM de Beauvais.

Le 28 février, trois policiers avaient été légèrement blessés dans d'autres affrontements. En déplacement vendredi à Beauvais à l'occasion du "Beauvau de la sécurité", le premier ministre Jean Castex avait affirmé que "rien ne restera impuni".

Huit et six mois ferme

L'un des prévenus, âgé de 34 ans, a été condamné à huit mois de prison ferme, sans mandat de dépôt, pour "diffusion de l'enregistrement d'images relatives à la commission d'une atteinte volontaire à l'intégrité de la personne". Il avait filmé des affrontements et diffusé les images sur les réseaux sociaux.

Sur les vidéos, on l'entend notamment parler des jeunes émeutiers comme "ses soldats", ou "ses vaillants". Déjà condamné à 21 reprises, il a expliqué avoir voulu "informer les gens" de son quartier.

Un jeune de 18 ans a lui été condamné à six mois de prison ferme, sans mandat de dépôt, pour "violence sur personne dépositaire de l'autorité publique". Dans la nuit du 1er au 2 mars, il avait tiré un mortier dans les airs, sans faire de blessé.

Un autre jeune de 20 ans a enfin écopé d'une peine de dix mois avec sursis, pour avoir filmé et diffusé des images, mais aussi pour "menace de mort". Dans sa vidéo, largement diffusée, il criait notamment "Tuez-les".

"Après ça on se remet en question"

"Après ça on se remet en question, on a honte, pour nous, pour nos familles", a-t-il regretté devant le tribunal, assurant qu'il avait consommé du protoxyde d'azote la nuit des faits.

Le quatrième prévenu, également âgé de 20 ans, a lui été relaxé des faits de "participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences".

L'avocate de deux prévenus, Me Caroline Zanovello, a appelé à ne pas faire de ces jeunes "des boucs émissaires, (...) Ce ne sont pas eux qui ont brûlé des voitures ou attaqué des policiers", a-t-elle souligné.

Tous ont écopé d'une amende de 135 euros pour non respect du couvre feu et sont ressortis libres. "Le tribunal considère que le trouble a l'ordre public est mesuré", a noté la présidente Tania Moulin.

Le parquet avait requis des peines allant de 36 à 18 mois de prison ferme, évoquant des "scènes d'émeute et de guérilla urbaine".

Jeanne Bulant avec AFP Journaliste BFMTV