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Une soixantaine de personnes en garde à vue après une vaste opération antipédophile

Sur Twitter, un professeur accuse la Région Île-de-France de fournir des dizaines de milliers d’ordinateurs inutilisables aux lycéens entrant en seconde. Avec toutefois plusieurs approximations et erreurs.

Sur Twitter, un professeur accuse la Région Île-de-France de fournir des dizaines de milliers d’ordinateurs inutilisables aux lycéens entrant en seconde. Avec toutefois plusieurs approximations et erreurs. - Pixabay

Les personnes, interpellées partout en France, sont soupçonnées d'avoir téléchargé et consulté des images et vidéos pédopornographiques.

Le coup de filet a été mené sur toute la France. Une soixantaine de personnes ont été interpellées et placées en garde à vue cette semaine dans le cadre d'une vaste opération policière dans le cadre d'investigations pour identifier des pédophiles sur le sol français. Les personnes interpellées sont soupçonnées d'avoir téléchargé et consulté des fichiers pédopornographiques, a appris BFMTV de source policière, confirmant les informations du Parisien.

Cette vaste opération conduite par l'OCRVP, l'office central pour la répression des violences aux personnes, et notamment le groupe central des mineurs victimes dirigé par la capitaine Véronique Béchu, a été lancée sur la base de renseignements obtenus grâce à un logiciel américain, Child Protection System, qui détecte dans le monde les connexions à des réseaux peer to peer, c'est-à-dire sur des logiciels permettant l'échange de fichiers entre internautes.

Des millions d'images pédopornographiques découvertes

Lancées peu avant la période de confinement, les investigations ont entraîné l'ouverture d'une dizaine de procédures contre des internautes identifiés comme téléchargeant des fichiers pédopornographiques. Strasbourg, Lyon, Marseille, Paris, Rennes, Dijon, Orléans... l'enquête a conduit à une vaste opération opilicière mobilisant 220 policiers de la police judiciaire et une soixantaine d'experts spécialisés en cybercriminalité. Les interpellations ont débuté lundi.

Les perquisitions menées au domicile des mis en cause ont permis la saisie d'une centaine de disques durs externes, de 120 clés USB et cartes mémoire, une soixantaine d'ordinateurs, téléphones ou tablettes, mais surtout des centaines de milliers d'images et de vidéos pédopornographiques.

"On parle d'images dures, extrêmement violentes", explique à BFMTV.com Eric Berot, chef de l'OCRVP.

Des viols filmés

Parmi ces fichiers ont été découvertes des scènes de viols d'enfants. Quatre des personnes interpellées cette semaine, dont un éducateur sportif, sont désormais soupçonnées d'être les auteurs de ces viols de leur proche filmés et découverts lors de la perquisition de leur domicile. Ces suspects passaient parfois entre 2 et 3 heures à consulter ces fichiers pédopornographiques. L'un d'eux disposait d'une unité centrale équipée d'un système de refroidissement qui contenait 170 téra-octet, soit des dizaines de millions de fichiers.

"On voulait mettre l'accent sur ce phénomène de téléchargement, c'est un vrai phénomène", analyse Eric Berot.

Cette pratique touche en effet tous les profils d'âge et toutes les catégories socioprofessionnelles. Âgés entre 28 et 75 ans, un professeur à la retraite, des employés, des cadres et même un imam figurent parmi les personnes interpellées. Pour l'heure, une dizaine de suspects ont été déférés. L'un d'eux a déjà été condamné à 10 mois de prison ferme par le tribunal correctionnel de Valenciennes. Mais pour les enquêteurs de la police judiciaire débute un gros travail d'enquête, d'exploitation technique notamment pour identifier les victimes.

https://twitter.com/justinecj Justine Chevalier Journaliste police-justice BFMTV