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Une pétition contre l'utilisation du LBD, lancée par un neurochirurgien, récolte plus de 72.000 signatures

L'acquisition de ces lanceurs est destinée à la police et à la gendarmerie

L'acquisition de ces lanceurs est destinée à la police et à la gendarmerie - AFP

Une pétition a été lancée par un neurochirurgien de Besançon, alors que le lanceur de balles de défense, arme utilisée par les forces de l'ordre, est fortement décrié ces dernières semaines.

Une pétition contre l'utilisation des lanceurs de balles de défense (LBD) diffusée sur internet par un neurochirurgien bisontin avait récolté jeudi plus de 72.000 signatures.

"J'ai vu des photos de personnes blessées par LBD: les lésions sont gravissimes", a affirmé Laurent Thines, créateur de la pétition. "Quand on va manifester, on joue à la roulette russe avec sa vie", estime le neurochirurgien.

"L'Intérieur fixe le curseur de la violence"

Chef de service au centre hospitalier de Besançon, il a lancé il y a deux semaines ce "moratoire sur l'utilisation des armes sublétales", appelant particulièrement au soutien du personnel soignant français. Il y dénonce l'utilisation des LBD mais aussi des grenades de désencerclement, "tout aussi dangereuses", par les forces de l'ordre. "Le ministère de l'intérieur fixe le curseur de la violence", analyse-t-il.

"Ces armes utilisées sur des personnes parfois très jeunes ou âgées, exerçant leur droit à manifester, sont inacceptables", peut-on lire sur le site change.org, où le médecin souhaite "alerter sur (leur) dangerosité extrême".

Des lésions comparables à des blessures de guerre

Les lésions causées par les LBD "sont comparables à des blessures de guerre, d'accidents graves de la route ou de grosses chutes", a expliqué Laurent Thines.

"Énucléation, amputation d'extrémité de membre, fracas maxillo-facial et dentaire, traumatisme cranio-cérébral": la pétition, dont l'objectif est d'atteindre les 75 000 signatures, dresse une longue liste des blessures causées par ces armes sublétales.

Le Conseil d'Etat a examiné mercredi des recours demandant la suspension immédiate de l'usage du lanceur de balles de défense. Cette arme aurait été utilisée dans "9.228 cas" lors de manifestations de gilets jaunes depuis le début du mouvement de contestation sociale mi-novembre, a indiqué Pascale Léglise, représentante du ministère de l'Intérieur, lors d'une audience au Conseil d'Etat.

Jeanne Bulant avec AFP