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Un militaire accusé de viol remis en liberté: les policiers en colère

L'homme a été libéré, il n'ira pas en prison avant le début de son procès. (Photo d'illustration)

L'homme a été libéré, il n'ira pas en prison avant le début de son procès. (Photo d'illustration) - -

Un homme de 27 ans, mis en examen pour viols sur sa nièce de 13 ans, a été remis en liberté mardi, sous contrôle judiciaire. Une décision qui provoque l'indignation de policiers.

La colère des policiers gronde. Un marin de 27 ans a été mis en examen mardi pour viols répétés durant trois ans sur sa nièce mineure et pour détention d'images pédopornographiques. Contre toute attente, la justice a préféré le remettre en liberté sous contrôle judiciaire plutôt que de le placer en détention provisoire.

Elle argue du fait que le suspect, "jamais condamné", a "reconnu les faits", n'habite plus "la même région que sa nièce", et que rien "ne permet à ce stade" de supposer qu'il y a eu d'autres victimes. L'homme devra donc se présenter une fois par semaine au commissariat de Toulon. Mais pour les policiers, cette décision semble intolérable.

Patrice Ribeiro, secrétaire général de Synergie-Officiers, estime qu'elle "illustre le décalage entre le travail de la police et l'absence de réponse pénale pour des faits très graves". "C'est quelqu'un à qui on va mettre un bracelet életronique, et qui sera dans la nature, jusqu'à ce qu'on le convoque pour un procès. Il aurait dû être neutralisé. Il y a une vraie rupture entre le travail policier et les suites judiciaires..."

"Susceptible de recommencer demain"

Le syndicat voit là une illustration du "rejet du tout-carcéral" prôné par la réforme pénale de Christiane Taubira. Si elle sera présentée en Conseil des ministres le 9 octobre prochain, son examen parlementaire a été une nouvelle fois reporté, cette fois-ci après les municipales, en mars.

Sous le titre: "Rejet du tout-carcéral: la réforme Taubira anticipée?", Synergie-Officiers a mis en ligne l'ordonnance -anonymisée- de refus de placement en détention provisoire du marin. On y apprend que les faits présumés de viol ont été commis entre le 1er juillet 2009 et le 31 août 2012 à Toulon, et que les déclarations du suspect, qui a tout reconnu, concordent avec celles de la victime, âgée de 13 à 16 ans à l'époque.

Au-delà de l'aspect politique et de la critique de la vision de la justice de la ministre Christiane Taubira, Patrick Ribeiro juge même cette décision dangereuse. "Un homme qui est capable de violer sa nièce de 13 ans pendant plusieurs années, c'est quelqu'un qui est susceptible de recommencer demain, et ce n'est pas un bracelet électronique qui l'empêchera de le faire."

Alexandra Gonzalez