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Un médecin-inspecteur de la police jugé pour agressions sexuelles, 12 nouvelles plaintes déposées

Le médecin-inspecteur a été suspendu.

Le médecin-inspecteur a été suspendu. - AFP

Un médecin-inspecteur de la police de la région Grand-Est est jugé ce mardi après-midi par le tribunal correctionnel de Reims pour des faits d'agressions sexuelles. 12 nouvelles plaintes ont été déposées ces derniers jours à Reims pour les mêmes faits.

Les témoignages se multiplient contre le médecin-inspecteur régional de la police national. Alors que ce praticien de 63 ans est jugé ce mardi après-midi au tribunal correctionnel de Reims pour des faits d'agression sexuelle commis les 12, 13, 14 juin 2018 sur des adjoints de sécurité, 12 nouvelles plaintes ont été déposées ces derniers jours auprès du parquet du Reims, a-t-on appris de source judiciaire confirmant une information de France Bleu Lorraine.

Depuis plusieurs mois, des voix avaient commencé à dénoncer des humiliations, des propos homophobes, des comportements déplacés voire des agressions sexuelles, commis par ce médecin-chef. Une jeune candidate au poste d'adjointe de sécurité avait raconté au Parisien des caresses insistantes sur la poitrine, bien plus que ce qu'il lui semblait nécessaire. Elle parle également du reste de la visite en petite culotte, notamment pour des tests psychologiques. La jeune policière dit avoir évoqué ce comportement auprès de sa hiérarchie dès 2017.

"Des courageux" qui ont porté plainte

Le médecin-chef a été placé en garde à vue en janvier dernier à la suite de 10 plaintes déposées par neuf femmes et un homme. Huit d'entre eux devraient être présents à l'audience qui débute à 14 heures. "Nous attendons que la justice reconnaisse le statut de victimes de ces courageux, insiste Cyril Baudesson, qui porte le dossier de plusieurs plaignants au nom du syndicat Alternative police CFDT. C'est déjà difficile de dénoncer une agression sexuelle, il faut penser aux représailles. Dans notre profession, nous n'avons pas l'habitude de crier au loup, alors dénoncer un médecin-chef..."

Le "médecin inspecteur régional" est en effet une figure importante au sein de la police. C'est lui qui décide de l'aptitude ou de l'inaptitude des policiers. "Il a la possibilité de vous mettre en disposition d'office, c'est-à-dire vous renvoyez chez vous sans salaire", poursuit le délégué d'Alternative police CFDT. Les témoignages et le recueil de ces témoignages ont donc été primordiaux. "Le lendemain de la médiatisation de l'affaire, nous recevions deux appels par jour", se souvient le délégué syndical.

Après ce premier procès, le médecin-inspecteur, qui pratiquait dans toute la région Grand-Est, placé sous contrôle judiciaire avant le procès de ce mardi et suspendu de ses fonctions depuis, pourrait à nouveau être inquiété par la justice. 12 nouvelles plaintes ont été déposées auprès du parquet de Metz, cette fois-ci, déclenchant l'ouverture d'une enquête confiée à la délégation de l'Inspection de la police nationale de Metz. Il encourt sept ans d'emprisonnement et 100.000 euros d'amende.

Justine Chevalier