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Un homme empêché d'aller voir son père mourant: la gendarmerie exprime des regrets

Les gendarmes sont mobilisés pour contrôler les attestations.

Les gendarmes sont mobilisés pour contrôler les attestations. - AFP

Un homme avait été contrôlé, verbalisé et avait dû faire demi-tour, alors qu'il se rendait au chevet de son père mourant au début du mois. La gendarmerie évoque aujourd'hui une "incompréhension".

Il voulait dire un dernier au revoir à son père. Patrice Dupas a voulu se rendre au chevet de son père mourant le 4 avril dernier mais a été contraint de faire demi-tour au motif que la raison de son déplacement n'était pas valable. La gendarmerie reconnaît une erreur et exprime ses regrets ce jeudi.

"Il y a eu une véritable incompréhension. C'est malheureux. Nous le regrettons et nous comprenons sa peine", a indiqué la porte-parole de la gendarmerie, Maddy Scheurer.

Au début du mois, Patrice Dupas, habitant du Loir-et-Cher, reçoit un appel de sa belle-mère. L'état de santé de son père, qui réside lui sur l'Ile-de-Ré, et atteint d'un cancer, s'est fortement dégradé. Patrice Dupas décide de prendre la route, non sans avoir contacté la gendarmerie pour s'assurer que son déplacement était légitime. Il obtient alors une réponse positive.

"Vous ne passez pas"

Sur la route, en plein week-end pascal, Pascal Dupas se fait contrôler une première fois, comme il le raconte à France Inter. L'attestation de déplacement pour "motif familial impérieux" est jugée valable par les gendarmes qui le contrôlent. Mais quasiment arrivé à destination, l'homme est à nouveau contrôlé, et là, les choses s'enveniment.

"En regardant mon attestation, il me dit 'vous ne passez pas, ce n'est pas impérieux, on n'a pas le droit d'aller visiter les anciens dans les EHPAD", raconte-t-il à France Inter. Il lui rétorque que son père est hospitalisé à domicile. Rien n'y fait, on lui interdit de passer et il est verbalisé. Il décide de faire demi-tour. Son père est décédé quelques jours plus tard sans qu'il ait pu le voir.

La gendarmerie reconnaît que les gendarmes n'avaient "pas perçu le degré d'urgence" du déplacement de Patrice Dupas. Tout en soulignant que lors de ce premier week-end de vacances pascales, des consignes très strictes avaient été données aux forces de l'ordre pour contrôler le respect des règles de confinement.

Patrice Dupas a saisi l'Inspection générale de la Gendarmerie nationale (IGGN) et une "réponse" sera "donnée rapidement", a poursuivi la porte-parle en précisant que la gendarmerie avait fait les démarches nécessaires pour annuler la contravention. Depuis, la gendarmerie a en outre pris contact avec Patrice Dupas pour comprendre ce qu'il s'était passé.

Justine Chevalier avec AFP