BFMTV

Trois victimes présumées de Luigi Ventura demandent la levée de son immunité diplomatique

Luigi Ventura à Lourdes en novembre 2012.

Luigi Ventura à Lourdes en novembre 2012. - REMY GABALDA / AFP

Plusieurs hommes, victimes présumées d'agressions sexuelles commises par l'ambassadeur du Vatican en France demandent à Emmanuel Macron à ce que soit levée son immunité diplomatique. Ils estiment être dans l'incapacité à faire valoir leurs droits.

Dans une tribune publiée ce jeudi par le journal LibérationMathieu de La Souchère, Benjamin et un certain Thomas (dont le nom a été changé) demandent à Emmanuel Macron, Jean-Yves Le Drian, Marlène Schiappa et au Vatican "de joindre leurs paroles à leurs actes" et de lever l'immunité diplomatique du nonce apostolique dont ils disent avoir été victimes ces derniers mois.

Deux enquêtes ont été lancées pour "agressions sexuelles" par le parquet de Paris contre Luigi Ventura, représentant du pape en France, courant janvier. Plusieurs cadres et employés de la mairie de Paris avaient révélé avoir été victimes d'attouchements à caractère sexuel lors de cérémonies officielles.

"Dans l'impossibilité de faire valoir (nos) droits"

"Si une enquête a été ouverte par le procureur de la République de Paris, ce nonce bénéficie, en vertu de la Convention de Vienne du 18 avril 1961, de l’immunité diplomatique: il ne peut être ni entendu, ni arrêté, ni jugé pour les faits dont nous avons été victimes" regrettent les trois hommes dans cette tribune.

Ils estiment, de ce fait, être "dans l’impossibilité de faire valoir les droits que notre système judiciaire a pour obligation de nous offrir." Les trois victimes disent également avoir écrit, par le biais de leurs avocats, au président de la République, au ministre des Affaires étrangères, ainsi qu'au procureur de la République de Paris pour que la procédure de levée de l'immunité soit lancée. Une demande "à ce jour restée sans réponse", déplorent-ils encore. 

"Aujourd’hui, le silence coupable de l’Etat nous semble pouvoir être interprété comme une complicité", déplorent dans cette tribune ces hommes, qui considèrent qu'"il serait inconcevable que la France (...) permette ainsi à l’un des auteurs d’échapper à la justice française en arguant d’une protection qui n’a pas pour but d’octroyer de facto une impunité pour des actes sans rapport avec la mission diplomatique".

Jeanne Bulant